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TLCOM Capital défend sa stratégie d'investissement en Afrique

Le fonds TLCOM Capital maintient son rythme de déploiement malgré la chute des annonces publiques, selon Launch Base Africa. Son principal Cyril Shonibare explique le resserrement des critères du comité d'investissement et l'importance croissante des sorties.

5 min de lectureMis à jour il y a 20 h
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Crédit image : TLCOM Capital
Dans cet article
  1. Un décalage entre les annonces et les capitaux réellement investis
  2. Le comité d'investissement intègre la sortie dès l'examen du dossier
  3. La raréfaction des sorties, un trait propre aux marchés jeunes
  4. Des valorisations revues à la baisse, sans pénaliser les fondateurs

Un décalage entre les annonces et les capitaux réellement investis

Le financement des startups africaines n'a pas retrouvé son niveau de 2022. Les tours d'amorçage ont nettement reculé, le passage du seed à la série A s'est allongé, et un nombre croissant de jeunes pousses survivent mois après mois sans parvenir à lever des fonds institutionnels de suivi.

Dans ce contexte, TLCOM Capital s'est fait plus discret. Le fonds a bouclé son deuxième véhicule, TIDE Africa II, en 2024, et a annoncé plusieurs investissements cette année-là. Depuis 2025, ses opérations rendues publiques se sont raréfiées, ce qui a pu laisser penser que l'un des investisseurs de référence du continent avait réduit la voilure.

Cette lecture est erronée, affirme Cyril Shonibare, principal chez TLCOM Capital, dans un entretien accordé à Launch Base Africa. Selon lui, l'écart entre les annonces et les capitaux effectivement déployés s'explique notamment par la volonté des fondateurs de se concentrer sur leurs opérations et d'atteindre certains jalons avant de communiquer sur une levée.

« Nous avons encore suffisamment de capitaux disponibles pour de nouveaux investissements et pour du suivi, et nous sommes toujours pleinement dans notre période d'investissement », précise-t-il. Il ajoute que l'année en cours a été plus active que la précédente et que des annonces devraient intervenir en temps voulu.

Le comité d'investissement intègre la sortie dès l'examen du dossier

Interrogé sur l'évolution des critères du comité d'investissement au cours des dix-huit derniers mois, Cyril Shonibare indique que les discussions se sont concentrées davantage sur les perspectives de sortie et de liquidité des opportunités étudiées. L'objectif est que les équipes chargées des dossiers intègrent ces paramètres en amont.

« Notre métier n'est pas seulement d'investir dans des entreprises, mais aussi de veiller à ce que ces investissements produisent les résultats que nos souscripteurs recherchent », souligne-t-il. Il reconnaît toutefois que, s'agissant de sociétés en phase d'amorçage, la thèse de sortie ne peut pas être entièrement formalisée.

Sur les délais, le dirigeant estime que le temps écoulé entre la première discussion et le virement des fonds n'a pas connu de changement majeur. Il attribue cette stabilité à la fois à des facteurs internes et externes, et assure que le fonds cherche à répondre aux opportunités aussi rapidement que les informations disponibles le permettent.

La raréfaction des sorties, un trait propre aux marchés jeunes

La baisse des investissements touche l'ensemble de l'écosystème, mais elle est plus marquée sur les tours tardifs, explique Cyril Shonibare. Il l'explique par trois facteurs : la prédominance de fonds orientés vers l'amorçage, incapables d'écrire de gros chèques de suivi ; le retrait des investisseurs étrangers venus en 2021, désormais concentrés sur des gagnants identifiés ou sur des opportunités dans leurs marchés domestiques, notamment dans l'intelligence artificielle ; et la difficulté à réaliser les investissements, c'est-à-dire à boucler le cycle complet.

« Je reste optimiste quant au fait que nous trouverons de solides opportunités, et l'activité croissante autour des sorties et des fusions-acquisitions devrait améliorer la trajectoire de l'écosystème », affirme-t-il. Il rappelle que les bonnes entreprises trouveront toujours des capitaux pour financer leurs opérations et leur croissance.

Concernant le portefeuille de TLCOM, aucune sortie majeure ne peut être divulguée pour l'instant. Le fonds travaille activement à la réalisation de ses participations du premier véhicule, tandis que le second est encore en phase de déploiement. Les sociétés du premier fonds commencent toutefois à mûrir et à se rapprocher d'une sortie possible.

Les secondaires, un outil de liquidité utile mais non privilégié

Cyril Shonibare voit dans la montée des transactions secondaires un signal positif, car elles libèrent de la liquidité sur le marché. Il précise néanmoins qu'il ne s'agit pas d'une voie de sortie privilégiée, le potentiel de gain étant plus limité. Ces opérations permettent toutefois de réduire le risque à mesure que les participations mûrissent et de restituer de la liquidité aux investisseurs.

Le fonds reste ouvert à toute modalité de réalisation de la plus-value, mais sa priorité demeure les introductions en bourse et les fusions-acquisitions, qui offrent selon lui le type de rendement recherché par les investisseurs.

Des valorisations revues à la baisse, sans pénaliser les fondateurs

Une part importante de l'écosystème technologique africain porte des tables de capitalisation valorisées aux sommets de 2021 et 2022. Face à une société présentant une bonne adéquation produit-marché mais une structure historique dégradée, TLCOM cherche des montages préservant l'alignement des intérêts avec les fondateurs.

« Nous avons trouvé des manières créatives de faire en sorte que l'impact de la baisse de valorisation sur l'entreprise et sur les fondateurs ne soit pas trop punitif », explique Cyril Shonibare. Il insiste sur la nécessité de maintenir des incitations suffisantes pour que les équipes continuent de développer l'activité, le fonds n'ayant pas vocation à opérer lui-même les sociétés.

Des tours à la baisse ont bien eu lieu dans des entreprises du portefeuille, confirme-t-il. Mais la priorité reste le potentiel de croissance à long terme, et cette compréhension partagée avec les équipes fondatrices est jugée essentielle.

Un profil d'opérateur pour dialoguer avec les fondateurs

Avant de rejoindre TLCOM, Cyril Shonibare a dirigé la stratégie produit et les opérations de l'activité d'acquisition de cartes de Paystack, et a conseillé de jeunes entreprises africaines. Cette expérience lui permet, dit-il, de comprendre les difficultés liées au développement d'un produit, qu'elles soient techniques ou liées aux ressources.

Il peut ainsi discuter de la feuille de route produit, du besoin à satisfaire et de l'impact sur les indicateurs clients et la stratégie de mise sur le marché. Il précise toutefois que, sur l'analyse des économies unitaires et de la rétention, son regard n'est pas différent de celui d'un investisseur purement financier.

Interrogé sur le risque de biais lié aux parcours prestigieux de certains fondateurs du portefeuille, il estime que ces signaux comptent peu si le fondateur ne maîtrise pas en profondeur son marché et les problèmes de ses clients. La qualité d'un fondateur, selon lui, ne se résume pas à ses diplômes.

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