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Bank Al-Maghrib abaisse l'interchange à 0,50 % dès octobre

Bank Al-Maghrib ramène de 0,65 % à 0,50 % le plafond des frais d'interchange sur les paiements domestiques par carte à partir du 1er octobre 2026, avec un taux spécifique de 0,15 % pour le gouvernement et le commerce de proximité. Cette baisse s'inscrit dans l'ouverture du marché de l'acquisition monétique à plusieurs opérateurs.

4 min de lectureMis à jour il y a 13 h
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Dans cet article
  1. Un plafond ramené de 0,65 % à 0,50 %
  2. D'un acquéreur unique à une architecture multi-acquéreurs
  3. Un effet à nuancer sur le coût global

Un plafond ramené de 0,65 % à 0,50 %

Bank Al-Maghrib a décidé, le 6 juillet, de ramener le plafond des frais d'interchange appliqués aux paiements monétiques domestiques de 0,65 % à 0,50 % de la valeur de la transaction. La mesure entre en vigueur le 1er octobre 2026, rapporte LesEco.ma. Un plafond distinct de 0,15 % est instauré pour les paiements du gouvernement et ceux du secteur du commerce de proximité.

L'interchange désigne la fraction de la commission d'acquisition que l'acquéreur — l'opérateur qui contractualise avec le commerçant — reverse à la banque émettrice de la carte utilisée. Il compte parmi les éléments qui composent le coût d'acceptation de la carte pour le commerçant.

Une deuxième intervention tarifaire

Ce n'est pas la première fois que le régulateur agit sur ce tarif. En octobre 2024, Bank Al-Maghrib avait déjà fixé un plafond de 0,65 % sur l'interchange domestique. Le Conseil de la concurrence indiquait alors que cette révision devait permettre aux acquéreurs d'abaisser les tarifs facturés aux commerçants et de soutenir le développement du paiement électronique par carte.

D'un acquéreur unique à une architecture multi-acquéreurs

La nouvelle baisse intervient dans un marché dont l'organisation a été profondément remaniée. En octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires les engagements souscrits par le Centre monétique interbancaire (CMI) et ses banques actionnaires : arrêt de l'activité d'acquisition monétique du CMI, cession de son portefeuille de contrats commerçants et ouverture de cette activité à de nouveaux opérateurs.

Le CMI conserve son rôle de plateforme technique de traitement, dont l'accès doit rester garanti selon des conditions équitables, transparentes et non discriminatoires. Depuis le 1er mai 2025, les établissements de paiement et les filiales bancaires dédiées à l'acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché et commercialiser leurs propres offres.

« Transition d'un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs »

Dans un communiqué conjoint du 10 juillet, Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence évoquent une « transition d'un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs ». La réforme ne porte donc pas seulement sur le niveau des commissions : elle modifie la structure concurrentielle du marché, plusieurs opérateurs pouvant désormais proposer leurs solutions d'acquisition aux commerçants.

Les deux institutions dressent un premier bilan positif de cette ouverture, faisant état d'une « diversification de l'offre » et d'une baisse des commissions d'acquisition supportées par les commerçants. Bank Al-Maghrib précise avoir accompagné les nouveaux établissements de paiement dans le déploiement de leur activité, notamment sur les questions de sécurité, de continuité et de fiabilité des services.

Un effet à nuancer sur le coût global

Le plafond de 0,50 % prolonge cette dynamique, sans pour autant garantir une baisse mécanique de 0,15 point du coût supporté par l'ensemble des commerçants : l'interchange ne constitue qu'une partie de la commission d'acquisition.

Le traitement réservé au commerce de proximité est significatif. En plafonnant l'interchange à 0,15 % pour ce segment, contre 0,50 % dans le régime général, le dispositif réduit plus fortement cette composante du coût d'acceptation de la carte.

Concurrence et coût actionnés en parallèle

Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence inscrivent leurs actions dans le développement du paiement électronique et de l'inclusion financière. Les deux institutions disent vouloir faciliter l'accès des citoyens et des commerçants à des solutions électroniques « sûres et accessibles à des coûts compétitifs ».

Deux leviers sont donc mobilisés simultanément : la concurrence, avec l'arrivée de plusieurs acquéreurs, et le coût, via l'encadrement de l'interchange. Reste à savoir comment cette configuration se traduira dans les offres commerciales et les tarifs réellement proposés aux commerçants, l'enjeu étant de convertir la baisse des coûts et l'ouverture à la concurrence en une diffusion plus large de l'acceptation du paiement électronique, en particulier auprès des commerces de proximité.

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