La justice américaine autorise l'administration Trump à blacklister Anthropic
La cour d'appel fédérale du circuit du District de Columbia a validé, par deux voix contre une, le blacklisting d'Anthropic par l'administration Trump. Les juges reconnaissent au gouvernement le pouvoir de sanctionner l'entreprise pour avoir refusé d'activer certaines fonctions de son IA Claude.

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La cour d'appel valide le blacklisting d'Anthropic
La cour d'appel fédérale du circuit du District de Columbia a approuvé, par deux voix contre une, l'inscription d'Anthropic sur la liste noire de l'administration Trump, rapporte Ars Technica. Les juges ont estimé que les États-Unis disposaient de l'autorité nécessaire pour sanctionner l'entreprise, quand bien même celle-ci n'aurait nourri aucune intention malveillante.
Le litige porte sur le refus d'Anthropic d'activer certaines fonctions de son intelligence artificielle Claude. La décision confirme une position déjà esquissée au printemps : la même juridiction avait rejeté en avril la requête d'Anthropic visant à suspendre la mesure.
Un arbitrage entre deux risques militaires
Dans leur arrêt, les juges qualifient l'affaire de « profoundly difficult questions about the appropriate military uses of an almost unimaginably powerful new technology ». Ils opposent deux scénarios : d'un côté, des modèles d'IA trop bridés qui s'arrêteraient de façon imprévue et feraient échouer des opérations militaires importantes ; de l'autre, des modèles sans garde-fous qui désigneraient des cibles inappropriées pour la force létale.
Le tribunal laisse à Donald Trump et au secrétaire à la Défense Pete Hegseth le soin de trancher cet équilibre. Selon la cour, le secrétaire n'a, en l'espèce, franchi aucune limite posée par le Supply Chain Security Act ni par la Constitution. Les recours en révision ont donc été rejetés.
Un précédent pour les fournisseurs d'IA militaire
La portée de la décision dépasse le seul cas d'Anthropic. Elle confirme que l'exécutif peut écarter un fournisseur de modèles d'IA sur le fondement de la sécurité des chaînes d'approvisionnement, sans avoir à démontrer une intention hostile de sa part.
Pour les entreprises du secteur, l'enjeu est double : conserver l'accès aux marchés publics de la défense, tout en gardant la maîtrise des garde-fous intégrés à leurs modèles. Le refus d'activer une fonctionnalité peut désormais suffire à déclencher une exclusion.


