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La fraude coûte plus cher aux néobanques, selon PYMNTS

Les dépenses de prévention de la fraude des néobanques et fintechs ont bondi de 357 % en un an, à 8 millions de dollars par institution, selon PYMNTS Intelligence. Malgré un taux de pertes en baisse à 0,72 point de base, les pertes moyennes dépassent 2,8 millions de dollars.

4 min de lectureMis à jour il y a 2 h
fraud prevention, digital banking, FinTechs
Dans cet article
  1. Une facture de prévention multipliée par plus de quatre
  2. Des attaques qui passent par des identifiants légitimes
  3. Un effet sur l'usage des comptes

Une facture de prévention multipliée par plus de quatre

Les néobanques, banques numériques et fintechs consacrent désormais 8 millions de dollars par an et par institution à la lutte contre la fraude. Ce montant était de 1,8 million de dollars un an plus tôt, soit une progression de 357 %, selon PYMNTS, qui cite le rapport « Scams Get Personal: Why Banks Pay More to Fight Fraud » de PYMNTS Intelligence.

Dans le même temps, les pertes moyennes liées à la fraude ont augmenté de plus de 250 %, passant de 800 000 dollars à 2,84 millions de dollars. Un seul indicateur s'améliore : le taux de pertes sur la valeur des transactions recule de 20 %, de 0,90 à 0,72 point de base.

Un taux relatif en baisse, des pertes absolues en hausse

La combinaison de ces trois chiffres résume la situation du secteur : la part de valeur perdue diminue, mais l'obtenir coûte beaucoup plus cher, et les pertes en valeur absolue continuent de croître.

L'exposition des banques numériques était déjà connue. Une étude antérieure citée par PYMNTS indiquait un taux de pertes de 1,1 point de base pour les néobanques en 2025, contre 0,8 point de base sur l'ensemble de l'échantillon. Cette exposition accompagnait la rapidité et l'ampleur des modèles 100 % numériques.

Des attaques qui passent par des identifiants légitimes

La nature de la fraude évolue. Les escroqueries dans lesquelles le client est manipulé représentaient 22,4 % des montants fraudés en 2026, contre 12 % un an auparavant. La prise de contrôle de compte via des identifiants compromis atteint 28,2 %. Au total, plus de la moitié des sommes détournées impliquent désormais une connexion légitime ou une manipulation du client, contre 27,6 % il y a deux ans.

Les néobanques ont bâti leur activité sur l'accès numérique aux comptes et la rapidité des transactions, autant de surfaces d'attaque que les fraudeurs explorent.

Un incident récent chez Revolut illustre l'extension du problème au-delà du canal client. Un tiers non autorisé a utilisé un domaine de courriel gouvernemental légitime pour formuler des demandes frauduleuses d'informations sur des clients. Revolut a indiqué que ses systèmes et les fonds de ses clients n'avaient pas été affectés, mais des données appartenant à un nombre limité de clients ont été exposées.

Vérifier non seulement l'identité, mais aussi la légitimité de la demande

Les défenses numériques doivent donc évaluer davantage que l'authenticité d'une connexion ou d'une transaction. Elles doivent aussi déterminer si des demandes et interactions en apparence légitimes méritent confiance.

Les établissements renforcent leurs outils. L'analyse comportementale et l'empreinte numérique de l'appareil sont utilisées par toutes les institutions interrogées par PYMNTS Intelligence, et 96 % ont recours à l'apprentissage automatique. Parmi les néobanques et fintechs qui l'emploient, 91 % estiment qu'il permet une stratégie de fraude proactive, contre seulement 19 % en 2025.

Revolut fournit un exemple d'échelle. PYMNTS rapportait en avril que son modèle PRAGMA avait été entraîné sur 207 milliards de points de données couvrant 25 mois d'activité client. Une version réduite est conçue pour assurer des contrôles de fraude en temps réel en analysant des séquences d'activité financière.

Un effet sur l'usage des comptes

Les pertes ne pèsent pas seulement sur les coûts. Une enquête de PYMNTS Intelligence menée avec Block montre que 28 % des consommateurs dont le foyer a perdu de l'argent dans une escroquerie ont cessé d'ouvrir et d'utiliser des comptes de néobanque, ou l'ont fait moins souvent. Pour les prestataires 100 % numériques, la fraude frappe donc les deux faces de l'activité : le coût de la prévention et de l'absorption des pertes, et la propension des clients à se servir de leurs comptes.

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