InfraCo (PIDG) mène un tour de 26 M$ dans East Africa Foods
L'agritech tanzanienne East Africa Foods a bouclé une série B de 26 M$ menée par InfraCo, le bras actions du groupe PIDG, selon Tech in Africa. La société veut renforcer sa transformation, sa logistique et son logiciel, et attaquer le marché kényan.

L'agritech tanzanienne East Africa Foods (EAF) a bouclé un tour de série B de 26 M$ mené par InfraCo, le bras actions du Private Infrastructure Development Group (PIDG), selon Tech in Africa. L'opération s'inscrit dans une levée plus large de 40 M$, dont une partie en dette.
Oikocredit et FMO, la banque néerlandaise de développement, ont participé au volet actions, aux côtés d'investisseurs déjà présents : ARAF, Goodwell, Africa Eats et FINCA. La Schmidt Family Foundation a apporté du financement en dette, les actionnaires existants ont remis au pot et EKTA Partners a été le seul conseil financier de l'opération.
Un modèle intégré de la ferme au rayon
EAF achète directement auprès de plus de 28 000 petits exploitants enregistrés et revend à plus de 10 000 détaillants en ville. L'entreprise couvre toute la chaîne : agrégation, calibrage, stockage, transformation et distribution. Elle vend aussi aux consommateurs sous deux marques, Onja et Golden Banana.
Transformation, logistique et logiciel
Les fonds serviront à accroître les capacités de transformation, de stockage et de logistique, à renforcer la plateforme numérique et à ouvrir de nouveaux marchés, en commençant par le Kenya. EAF prévoit également de développer le logiciel qui relie ses exploitants, ses agences et ses détaillants, et de former davantage d'agriculteurs aux méthodes de culture résilientes au climat.
Les objectifs annoncés sont chiffrés : travailler avec 100 000 petits exploitants d'ici quelques années, dont environ 45 % de femmes, et réduire d'un tiers le gaspillage alimentaire dans son réseau.
« Un tiers de ce que nos agriculteurs produisent n'arrive jamais sur une table »
Le fondateur et directeur général Elia Timotheo pose le problème du gaspillage sans détour : « A third of what our farmers grow never reaches anyone's table. » Il attribue la cause à un déficit d'infrastructures plutôt qu'à de mauvaises pratiques agricoles, et indique qu'EAF a consacré trois ans à bâtir le réseau d'approvisionnement, la flotte de véhicules, le stockage et les logiciels qui relient les petites exploitations aux rayons des villes.
Claire Jarratt, qui dirige la gestion des investissements d'InfraCo chez PIDG, estime qu'EAF correspond au mandat du groupe en faveur d'une croissance inclusive et résiliente au climat, et que l'expansion au Kenya devrait attirer davantage de financements dans le secteur et améliorer la sécurité alimentaire régionale. Peter Byrde, directeur du private equity chez FMO, juge qu'un modèle d'agri-logistique viable sur le plan commercial pourrait faire venir plus de capitaux privés dans les années à venir.

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