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Tony Xu (DoorDash) : les agents IA vont doper la demande de livraison

Le cofondateur et PDG de DoorDash, Tony Xu, estime que la multiplication des agents IA fera croître la demande de réseaux de livraison physiques et de main-d'œuvre humaine. Il s'exprimait à Wave by Vento, à Turin, selon The Next Web.

4 min de lectureMis à jour il y a 2 h
Le cofondateur et PDG de DoorDash, Tony Xu, s'exprime face à Diego Piacentini lors de Wave by Vento à Turin.
Crédit image : Wave by Vento
Dans cet article
  1. À Turin, Tony Xu lie agents IA et logistique physique
  2. Des débuts à Palo Alto au robot Dot
  3. Quarante pays et un réseau du dernier kilomètre

À Turin, Tony Xu lie agents IA et logistique physique

La montée des agents d'intelligence artificielle ne signera pas la fin de la livraison humaine, selon Tony Xu. Le cofondateur et directeur général de DoorDash a défendu cette thèse lors d'une intervention à Wave by Vento, à Turin, dans une session intitulée « Inside the Making of DoorDash », rapporte The Next Web.

Le dirigeant affirme que les agents IA ont probablement déjà dépassé les humains par le nombre d'actions qu'ils accomplissent en ligne. Pour être utiles, ils se tournent vers les tâches récurrentes que les utilisateurs leur confient de manière répétée.

« L'une des choses les plus utiles à faire, ce sont les tâches de votre vie quotidienne qui comportent souvent une dimension physique, comme faire ses courses, manger, récupérer ou retourner un objet », a-t-il déclaré.

À mesure que le nombre d'agents augmente, la demande de réseaux physiques et de travail humain devrait suivre, selon lui. En septembre, DoorDash a lancé un agent de commande qui fonctionne dans Apple Messages.

Des débuts à Palo Alto au robot Dot

L'entretien était mené par Diego Piacentini, membre du conseil d'administration de DoorDash depuis 2023 et ancien vice-président senior d'Amazon. L'écran de l'événement le présentait comme conseiller de Vento, l'organisateur.

Tony Xu rappelle que l'objectif de DoorDash n'a jamais été la livraison de repas, mais l'aide aux commerçants locaux, à l'image de sa mère, venue de Chine aux États-Unis. En 2013, presque aucun restaurant américain ne proposait de livraison, dit-il. Avec ses cofondateurs, il a assuré lui-même les premières centaines de courses, au volant de voitures bon marché, autour de Palo Alto, où ils étudiaient. L'aventure a duré deux ans. Leur candidature à Y Combinator tablait sur 100 M$ de revenus en septième année, un chiffre qu'il qualifie d'inventé : il s'était trompé de plusieurs ordres de grandeur.

Quand les données manquent, une entreprise doit partir d'un point de vue, puis livrer vite un produit et collecter de l'information, explique-t-il. DoorDash maintient des enjeux faibles pour que chacun puisse tester une idée auprès des clients sans validation hiérarchique.

Le robot Dot et le système de drones

Le robot Dot de DoorDash circule sur la chaussée, dans les pistes cyclables et sur les trottoirs. Tony Xu le présente comme le premier véhicule autonome commercial de ce type au monde. Il est déployé à Phoenix et a effectué des livraisons réelles auprès de dizaines de milliers de clients, selon lui. Lundi, Deliveroo a commencé à faire circuler des robots de livraison sur les trottoirs de cinq villes britanniques.

Construire des véhicules autonomes revient à bâtir trois à cinq entreprises, estime-t-il : il faut du logiciel, du matériel, des règles et des permis, ainsi que des opérations. Les véhicules tombent en panne et doivent parfois être secourus. En septembre, DoorDash a également dévoilé son propre système de drones.

L'élément le plus important reste la plateforme qui les pilote, selon lui. Pour chaque commande, elle décide si un robot terrestre, un drone ou un livreur humain doit s'en charger. Une personne et un robot peuvent aussi partager un même trajet.

« Les clients ne se soucient pas de la technologie. Ils veulent seulement recevoir ce qu'ils ont commandé », a-t-il affirmé.

Quarante pays et un réseau du dernier kilomètre

DoorDash opère dans 40 pays et a dû apprendre chacun d'entre eux depuis le début, souligne Tony Xu. Les rues de villes comme Rome, Turin ou Londres ne suivent pas de plan quadrillé. L'habitat y est plus dense, avec davantage d'appartements, et les petits restaurants et commerces familiaux y sont bien plus nombreux qu'aux États-Unis.

Dans cinq ans, il veut faire de DoorDash un réseau du dernier kilomètre capable de livrer n'importe quoi. Chaque ville compte des dizaines de millions d'articles, dit-il, et aucun produit numérique ne sait encore où ils se trouvent.

Interrogé sur ses erreurs, il indique que la plupart sont survenues lorsqu'il n'a pas écouté son intuition, sur des produits comme sur des recrutements. Tony Xu siège aussi au conseil d'administration de Meta. Les bons conseils posent des questions difficiles sans se comporter comme s'ils dirigeaient l'entreprise, juge-t-il : les fondateurs consacrent 70 heures par semaine ou plus à leur société, les administrateurs environ 10 heures par trimestre.

Diego Piacentini note que DoorDash mesure ses marges en points de base, ce qui impose l'attention au détail et l'absence de gaspillage. Construire une activité à faibles marges est très difficile, ajoute-t-il.

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