Sage Grey alerte sur le déficit de financement des startups nigérianes
Temitope Runsewe, directeur général de Sage Grey Finance Limited, avertit que les startups nigérianes peinent à trouver le capital patient nécessaire pour passer du stade d'amorçage à celui d'entreprise établie. Selon Nairametrics, les investisseurs réclament désormais des preuves de revenus et un chemin crédible vers la rentabilité.

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Un « missing middle » dans le marché du capital
Les jeunes pousses nigérianes font face à un vide de financement entre les premiers tickets d'amorçage et les montants plus importants nécessaires à leur passage à l'échelle. C'est le constat de Temitope Runsewe, directeur général et CEO de Sage Grey Finance Limited, selon Nairametrics.
Selon lui, ce phénomène pourrait donner naissance à un « missing middle » : les entreprises peuvent décrocher de petits investissements de démarrage, ou, une fois établies, accéder à d'importants capitaux institutionnels, mais celles qui se situent entre ces deux étapes ont du mal à obtenir le capital patient indispensable à leur croissance.
Des investisseurs plus exigeants
Le dirigeant explique ce changement par la fin d'une période où l'abondance de liquidités mondiales permettait aux entreprises de lever des fonds en s'appuyant largement sur des anticipations de croissance et de rentabilité futures. Les investisseurs se montrent désormais plus disciplinés.
« Les investisseurs veulent de plus en plus de preuves de product-market fit, de croissance du chiffre d'affaires, d'une économie unitaire saine et d'un chemin crédible vers la rentabilité », déclare-t-il.
Runsewe précise toutefois qu'une entreprise n'a pas besoin d'être rentable avant de lever des fonds, à condition de démontrer une trajectoire crédible vers une croissance durable. « Le capital-risque existerait à peine si c'était la condition. Mais les investisseurs veulent de plus en plus des preuves plutôt que des projections », ajoute-t-il.
Vers des entreprises plus solides
Cette sélectivité accrue pourrait, selon lui, pousser les fondateurs à bâtir des entreprises viables, à générer des revenus plus tôt et à maîtriser leurs coûts, plutôt qu'à dépendre principalement de la levée de fonds pour financer leur expansion.
« Je ne vois pas nécessairement cela comme une évolution négative. Cela signifie que les entrepreneurs doivent construire des entreprises plutôt que de simples propositions de levée de fonds », estime-t-il.
Il souligne le rôle que peuvent jouer les fonds de capital-risque locaux, les sociétés de private equity, les family offices, les institutions de financement du développement et des acteurs financiers comme Sage Grey pour fournir ce capital patient.
Une concentration des financements au Nigeria
Ce déficit de financement intervient alors que l'investissement dans l'écosystème nigérian reste concentré sur un petit nombre d'entreprises. Nairametrics rapportait en janvier 2026 que 11 startups nigérianes avaient levé 367,2 millions de dollars au total en 2025, soit 82,93 % des 442,8 millions de dollars réunis par 98 startups cette année-là.
La dette occupe par ailleurs une place croissante dans le financement des startups technologiques africaines. En septembre 2026, Nairametrics indiquait que la dette représentait 41 % des financements des startups technologiques africaines en 2025, contre 17 % en 2019. Au Nigeria, le financement par dette a atteint 160 millions de dollars en 2025, en hausse de 132 % sur un an, tandis que les financements en actions reculaient de 21 %.


