Reflection AI dévoile Beam, un modèle ouvert face aux modèles chinois
La startup américaine Reflection AI présente Beam, son premier modèle d'IA à poids ouverts, qu'elle dit capable de rivaliser avec les meilleurs modèles chinois à moindre coût de calcul. L'entreprise vise les entreprises et les États avec des « usines d'IA ».

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La startup américaine Reflection AI a dévoilé Beam, son premier modèle d'intelligence artificielle de frontière à poids ouverts, rapporte TechCrunch. Basée à Brooklyn et fondée il y a deux ans, l'entreprise affirme que Beam atteint les performances des principaux modèles ouverts chinois sur les benchmarks de raisonnement avancé, pour un coût de calcul nettement inférieur.
Cette annonce confirme des informations d'Axios publiées le week-end précédent, selon lesquelles la startup était proche d'un lancement. Reflection a détaillé son modèle dans un long billet de blog lundi.
Un modèle de 501 milliards de paramètres
Beam est un modèle textuel de type mixture-of-experts, entraîné par apprentissage par renforcement à fort calcul pour être performant sur le raisonnement, le code et les tâches agentiques, selon la société. Il compte 501 milliards de paramètres, dont 23 milliards actifs, a été pré-entraîné sur 23 800 milliards de tokens et dispose d'une fenêtre de contexte d'un million de tokens.
À titre de comparaison, GLM-5.2 de Z.ai totalise environ 744 milliards de paramètres, dont 40 milliards actifs. Reflection affirme que Beam obtient des scores équivalents à GLM-5.2 sur les benchmarks de raisonnement avancé et surpasse les principaux modèles ouverts occidentaux, tout en consommant « 3 à 4 fois moins de calcul d'inférence ». La société le présente comme un « modèle de travail » destiné aux entreprises, au secteur public et aux développeurs.
Ces performances n'ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Une concurrence à plusieurs fronts
Reflection se positionne face aux laboratoires fermés comme Anthropic et OpenAI, aux modèles ouverts populaires des développeurs chinois, ainsi qu'aux acteurs occidentaux tels que Mistral, Meta et Cohere. Son rival américain le plus direct pourrait être Inkling, le modèle ouvert du Thinking Machines Lab de Mira Murati, sorti en juillet. Les benchmarks de Reflection indiquent que Beam devance Inkling sur quatre tests de code où les deux publient des résultats, mais Inkling est multimodal alors que Beam est uniquement textuel.
Fondée en 2024 par deux anciens chercheurs de Google DeepMind, Reflection a levé environ 4,7 Md$ auprès d'investisseurs dont Nvidia, Sequoia Capital et Lightspeed Venture Partners, selon PitchBook. Son dernier tour valorisait l'entreprise à 25 Md$ en pré-money.
Calcul et « usines d'IA »
La startup sécurise également ses capacités de calcul, un ingrédient clé pour entraîner des modèles de frontière. Cet été, Reflection a signé avec SpaceX et Nebius des accords d'une valeur cumulée supérieure à 7 Md$ pour garantir l'accès aux puces GB300 de Nvidia jusqu'en 2029.
Reflection destine Beam et ses futurs modèles aux entreprises et aux États. Son argument : construire des « usines d'IA », un produit permettant aux institutions d'entraîner les modèles de Reflection sur leurs propres données propriétaires afin de bâtir un système d'IA local et personnalisé. Jensen Huang, PDG de Nvidia, qui soutient Reflection, défend de longue date cette idée d'usine d'IA et l'essor d'un écosystème ouvert — une vision qui profiterait aussi à Nvidia, dont les GPU alimenteraient ces systèmes.
Axios indiquait que des fonds spéculatifs et des sociétés de trading figurent parmi les acteurs désireux de déployer de tels systèmes. Reflection a déjà commencé à tester un partenariat d'usine d'IA souveraine avec Shinsegae Group en Corée du Sud.
La société prévoit de publier les poids de Beam et l'ensemble des détails techniques ce mois-ci, avec une distribution via les hyperscalers et les neoclouds et des intégrations dans les bibliothèques open source au lancement. Reflection n'a pas répondu dans les délais aux demandes d'informations de TechCrunch.


