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Au Cameroun, l'ANTIC relève 3 914 failles chez les opérateurs fintech

L'ANTIC a identifié 3 914 vulnérabilités lors de 108 audits d'opérateurs fintech camerounais en 2026. Ces failles touchent les procédures internes comme les dispositifs techniques, dans un pays où le Mobile Money compte 11,4 millions d'abonnements actifs.

4 min de lectureMis à jour il y a 13 minutes
Paiements numériques : le Cameroun face au défi de la sécurisation des plateformes
Dans cet article
  1. Politiques de sécurité et contrôle des accès en cause
  2. 11,4 millions d'abonnements Mobile Money à protéger
  3. Un indice UIT qui pointe le retard technique

L'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication (ANTIC) a passé au crible 108 opérateurs fintech camerounais en 2026. Ses auditeurs y ont relevé 3 914 vulnérabilités, d'après We Are Tech. L'exercice précédent, porté sur 119 audits du secteur financier en 2025, avait fait apparaître plus de 6 500 failles, sans que les deux campagnes couvrent exactement les mêmes catégories d'acteurs.

Le directeur général de l'ANTIC, Ebot Ebot Enaw, a présenté ces résultats le mercredi 28 octobre lors du Forum Digitise Cameroun, organisé à Mbankomo.

Politiques de sécurité et contrôle des accès en cause

Les faiblesses recensées portent sur plusieurs dimensions : les politiques de sécurité, le contrôle des accès, la protection des données, les compétences du personnel et la continuité des activités. Elles concernent donc autant les procédures internes que les mécanismes techniques qui protègent les systèmes et les informations traitées par les opérateurs.

Des contrôles d'accès insuffisants ou une protection inadéquate des données peuvent exposer les plateformes à des intrusions, à des fuites d'informations ou à des interruptions de service. L'agence précise toutefois que ces constats ne signifient pas que les systèmes concernés ont été piratés ni que des pertes financières ont été enregistrées : ils signalent des vulnérabilités exploitables si elles ne sont pas corrigées.

11,4 millions d'abonnements Mobile Money à protéger

Ces résultats s'inscrivent dans un contexte de forte croissance des paiements mobiles. Selon l'Agence de régulation des télécommunications (ART), le pays comptait 11,4 millions d'abonnements actifs aux services de Mobile Money en 2024, en progression de 7,24 % sur un an. Les revenus tirés de ces services ont atteint 135,8 milliards de FCFA sur la même période.

Les usagers s'en servent pour transférer de l'argent, régler des achats ou payer à distance. La disponibilité des services, la protection des comptes et la confidentialité des données deviennent dès lors des conditions du maintien des transactions et de la confiance des utilisateurs.

Des exigences de conformité pour accéder à l'infrastructure nationale

Le Cameroun a commencé à conditionner l'accès à certaines infrastructures numériques au respect de règles de sécurité. Une décision prise en avril 2025 a introduit des exigences de conformité pour les plateformes souhaitant se connecter à la plateforme nationale d'agrégation des communications électroniques, leur respect étant vérifié par des audits de l'ANTIC. Cette mesure vaut pour cette infrastructure précise et ne constitue pas une autorisation générale d'exercer une activité de paiement.

Un indice UIT qui pointe le retard technique

À l'échelle internationale, le Global Cybersecurity Index 2024 de l'Union internationale des télécommunications (UIT) classe le Cameroun dans le Tier 3, niveau « Establishing ». L'indice évalue l'engagement des pays sur cinq piliers : mesures juridiques, techniques et organisationnelles, développement des compétences et coopération.

Le profil camerounais montre des écarts marqués entre ces domaines : 17,92 points sur 20 pour les mesures juridiques, contre seulement 6,18 points pour les mesures techniques. Le pays obtient 12,86 points pour les mesures organisationnelles, 14,24 pour le développement des compétences et 14,33 pour la coopération. L'UIT identifie donc les capacités techniques et organisationnelles parmi les chantiers où les marges de progression restent les plus larges.

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