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Moonshot : pour les créateurs africains, l'enjeu est l'infrastructure

Réunis lors du panel Moonshot organisé par TechCabal, des dirigeants de Raenest, Filmhouse Group, Livespot360 et Connect Channel ont pointé l'infrastructure qui manque pour convertir l'audience africaine en revenus. Paiements transfrontaliers, piraterie et financement public ont structuré les échanges.

4 min de lectureMis à jour il y a 8 minutes
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Crédit image : TechCabal
Dans cet article
  1. Un revenu qui reste minoritaire pour les créateurs nigérians
  2. Les paiements internationaux comme premier verrou
  3. La piraterie, frein principal selon Filmhouse
  4. Un fonds public et des rapprochements attendus

Un revenu qui reste minoritaire pour les créateurs nigérians

Les créateurs africains disposent du talent et du public. Ce qui leur fait défaut, c'est le système qui transforme cette audience en revenus. C'est le constat partagé lors du panel « Can African players build the infrastructure creators need? », tenu jeudi à Moonshot, l'événement organisé par TechCabal, selon TechCabal.

Les chiffres du Nigerian Creator Economy Report 2025 illustrent l'écart : 56,45 % des créateurs nigérians gagnent moins de 100 $ par mois grâce à leur activité, tandis que 3,23 % dépassent les 5 000 $. Certains revenus circulent néanmoins : les artistes nigérians ont perçu plus de 58 milliards de nairas de Spotify en 2024, soit une progression de 146 % sur un an.

La session réunissait Richard Oyome, cofondateur et directeur des opérations de Raenest ; Kene Okwuosa, fondateur et directeur général du groupe Filmhouse ; Darey Art Alade, cofondateur et directeur de la création de Livespot360 ; et Kopano Cowen, directrice générale de Connect Channel. Elle était animée par Kehinde Odusote-Fagbule, de TechCabal Insights.

Les paiements internationaux comme premier verrou

Jusqu'en 2024, les grandes plateformes ne rémunéraient pas directement les créateurs nigérians, les accords avec les marques restant souvent leur seule source de revenus. Meta a ouvert la publicité sur Reels aux créateurs du Nigeria et du Ghana cette année-là.

Encaisser des sommes venues de l'étranger demeure une difficulté. Raenest, qui propose des comptes en dollars, en livres et en euros aux indépendants et aux créateurs, a bouclé une série A de 11 M$ en février 2025 et indique avoir traité plus d'un milliard de dollars de paiements pour plus de 700 000 clients particuliers.

« We need to make the market bigger », a déclaré Richard Oyome, pour qui la solution passe d'abord par la croissance. Il plaide pour une percée sur les marchés étrangers, notamment dans le cinéma, via des collaborations capables d'élever la qualité des productions et d'attirer un public international.

La piraterie, frein principal selon Filmhouse

Kene Okwuosa conteste l'idée d'un marché nigérian trop étroit. « I don't subscribe to the notion that the Nigerian market is small », a-t-il affirmé, jugeant que cette impression vient d'un potentiel encore inexploité. Le véritable obstacle, selon lui, reste la piraterie : « It limits the rewards and reach for creators. »

L'ampleur des pertes qu'elle inflige à Nollywood est difficile à cerner, faute de mesure fiable. MultiChoice les a estimées entre 10 et 15 milliards de nairas par an sur la base de données d'audience, quand d'autres acteurs du secteur avancent des montants bien supérieurs. Les perspectives 2026 de TechCabal signalent par ailleurs un recul des dépenses de Netflix et d'Amazon Prime dans les contenus africains, qui pousse davantage de cinéastes nigérians vers YouTube.

Un fonds public et des rapprochements attendus

Darey Art Alade mise sur les partenariats entre secteurs public et privé pour élargir le marché. « Public-private partnerships can help expand the market », a-t-il estimé, appelant à des textes qui facilitent ces coopérations.

L'État fédéral a engagé un mouvement : son Creative Economy Development Fund s'appuie sur un engagement initial de 200 M$ d'Afreximbank, d'après le ministère. Les intervenants s'accordent sur un point : la prochaine vague d'investissements dans l'économie créative n'a pas besoin de créer un produit isolé. Elle peut prendre la forme d'un partenariat ou d'une acquisition reliant les acteurs déjà présents sur les paiements, la production, la distribution et les politiques publiques.

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