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TransFi mise sur les stablecoins pour les paiements transfrontaliers africains

TransFi, l'infrastructure de paiements transfrontaliers fondée en 2022 par Raj Kamal, projette environ 5 Md$ de volume de transactions pour l'exercice 2026. L'Afrique, qui pèse environ 10 % de ses volumes, est l'une de ses zones de croissance les plus rapides, selon How We Made It In Africa.

5 min de lectureMis à jour il y a 2 h
Raj Kamal, fondateur et directeur général de TransFi
Dans cet article
  1. Une infrastructure de paiements présente dans plus de 70 pays
  2. Une présence africaine encore récente mais en forte croissance
  3. La liquidité, principal goulot d'étranglement
  4. Un marché africain porté par le mobile money

Une infrastructure de paiements présente dans plus de 70 pays

Fondée en 2022, TransFi se présente comme une infrastructure de paiements transfrontaliers couvrant plus de 70 pays, 250 moyens de paiement et 40 devises. L'entreprise combine stablecoins et rails de paiement locaux pour servir les envois de fonds, le traitement de la paie, les paiements aux freelances et les flux B2B entre l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine. Elle projette environ 5 Md$ de volume de transactions pour l'exercice 2026, selon How We Made It In Africa.

Son fondateur et directeur général, Raj Kamal, revendique près de vingt ans dans le secteur des paiements. Il a dirigé l'activité paiements de McKinsey pour l'Asie-Pacifique en tant qu'associé, avant de passer à l'investissement dans les paiements et la fintech. Il suit le secteur de la crypto et de la blockchain depuis 2015.

« Je considère que la technologie est en avance sur la liquidité », résume-t-il au sujet des paiements transfrontaliers africains.

Une présence africaine encore récente mais en forte croissance

TransFi couvre plusieurs marchés d'Afrique subsaharienne, dont le Kenya, le Ghana, la Zambie, l'Ouganda et la Tanzanie. L'entreprise opère également au Nigeria, en Afrique du Sud et sur les francs CFA d'Afrique centrale et de l'Ouest. Elle a activé l'Angola très récemment.

L'Afrique représente aujourd'hui près de 10 % des volumes totaux de TransFi. Cette part reste inférieure à celle de l'Asie, où l'entreprise est plus ancienne, mais le continent constitue l'un de ses segments les plus dynamiques à mesure qu'elle élargit sa présence.

Les flux vers la Chine et les paiements aux freelances dépassent les attentes

Kamal indique que les volumes de paiements vers l'Afrique, qu'il assimilait surtout à des envois de fonds, étaient déjà importants à ses yeux. Il dit avoir sous-estimé deux réalités : l'ampleur du vivier de talents technologiques africains, qui alimente les paiements aux freelances et la paie transfrontalière, ainsi que l'échelle des flux B2B vers la Chine.

Les paiements aux travailleurs indépendants, en particulier, l'ont surpris par le volume de services numériques — marketing, développement de sites, solutions technologiques — fournis au reste du monde depuis l'Afrique.

La liquidité, principal goulot d'étranglement

Pour Kamal, les obstacles aux paiements transfrontaliers ne se situent pas du côté de la technologie mais de la liquidité. Les transactions peuvent, en principe, être réglées en temps réel ; la question est de savoir si les partenaires bancaires et les banques centrales disposent des devises nécessaires, au bon prix, pour honorer les paiements.

L'exemple d'un transfert entre le Nigeria et la Tanzanie illustre ce décalage. La technologie permettant un règlement en temps réel via le PAPSS existe, mais la disponibilité de shillings tanzaniens pour les paiements et l'écart entre les taux de conversion et le taux de change officiel deviennent problématiques lorsque les volumes augmentent.

« Il est une chose de faire circuler 1 million de dollars dans un corridor. C'en est une autre d'en déplacer des dizaines de millions, et une autre encore de déplacer 100 millions de dollars », explique le dirigeant. À grande échelle, la liquidité disponible en temps réel et le spread nécessaire pour contenir les coûts constituent les principaux défis.

Les stablecoins, une réponse partielle

Les stablecoins peuvent, en principe, atténuer les tensions de liquidité, notamment entre deux devises locales dont la paire directe manque de profondeur. La conversion d'une monnaie locale vers un stablecoin, puis vers une autre devise, pourrait gagner en rapidité et en liquidité, avec des spreads plus étroits.

Kamal évoque aussi l'émergence possible d'acteurs panafricains émettant des devises adossées à des actifs locaux, avec des réserves réparties entre plusieurs monnaies et des mouvements on-chain quasi instantanés, sans dépendre d'institutions tierces ou de banques centrales pour chaque transaction.

Il rappelle toutefois que la technologie sous-jacente diffère de celle du mobile money. La plupart des stablecoins populaires sont adossés au dollar et, dans de nombreux marchés africains, sont perçus comme des réserves de valeur plus stables que certaines monnaies locales, ce qui crée des usages au-delà du paiement.

Un marché africain porté par le mobile money

Le mobile money a déjà intégré le paiement numérique au quotidien de millions d'Africains. La GSMA indique que ce secteur a traité plus de 2 100 Md$ dans le monde en 2025, avec 2,3 milliards de comptes enregistrés et 593 millions actifs sur trente jours. L'Afrique subsaharienne a concentré plus des deux tiers de la croissance des comptes enregistrés.

Les paiements transfrontaliers restent plus difficiles. La Banque mondiale estime les coûts des envois de fonds à environ 6 % au niveau mondial, l'Afrique affichant la moyenne régionale la plus élevée. Ses recherches indiquent aussi qu'un système de paiement rapide domestique peut réduire de 0,3 à 1 point de pourcentage le coût d'un envoi de 200 $.

En février, le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) et la plateforme kényane PesaLink ont annoncé que plus de 80 participants de PesaLink étaient connectés à plus de 160 banques du réseau PAPSS, permettant des paiements transfrontaliers 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en devises locales.

Les stablecoins s'installent parallèlement dans le débat : leur capitalisation mondiale a atteint environ 320 Md$ fin mai 2026, même si la Banque des règlements internationaux juge leur usage dans les paiements de l'économie réelle encore modeste et leurs performances transfrontalières variables une fois intégrés les frais, les écarts de change et les coûts d'entrée et de sortie.

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