Mission Mobile décroche jusqu'à 500 M ZAR de DN Invest
La société sud-africaine Mission Mobile a obtenu jusqu'à 500 millions de rands (30,8 M$) de DN Invest pour développer son activité de financement de smartphones via les opérateurs mobiles. Ce financement, structuré comme une facilité d'asset finance, doit financer la croissance des clients et de nouveaux produits.

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Un financement adossé aux terminaux financés
Mission Mobile, société sud-africaine spécialisée dans la technologie mobile, a sécurisé jusqu'à 500 millions de rands, soit 30,8 M$, en capital de croissance auprès de la holding d'investissement DN Invest (DNI), selon Tech in Africa. Les fonds serviront à développer son activité de financement de smartphones, distribuée via les réseaux des opérateurs mobiles.
DNI finance cette facilité sur ses fonds propres et une dette dédiée. Une large part est adossée aux appareils que Mission Mobile finance et aux remboursements des clients, ce qui rapproche l'opération d'un montage d'asset finance plutôt que d'un tour de table classique.
Un modèle ciblant les clients refusés par les prêteurs
Mission Mobile commercialise des produits de financement et de connectivité via les réseaux de vente des opérateurs. Les clients remboursent leur smartphone de façon échelonnée et bénéficient de données à tarif réduit dans le cadre de l'offre. Son produit postpayé vise des personnes que les prêteurs traditionnels refusent, tandis que DataBack Device combine le remboursement du terminal et des avantages data pour les utilisateurs prépayés.
L'entreprise prend en charge elle-même l'onboarding, la livraison, le recouvrement, la fourniture des données et le support client. Sa plateforme d'évaluation du risque, Beam, note les clients à partir de leurs revenus et de leurs dépenses, plutôt qu'en s'appuyant uniquement sur les vérifications des bureaux de crédit. Mission Mobile indique que plus de 40 % des clients potentiels échouent aux contrôles standards alors même qu'ils sont capables de rembourser.
Un marché dominé par le prépayé
Le potentiel est important : plus de 80 % des quelque 108 millions de connexions mobiles sud-africaines sont prépayées, selon l'entreprise. DNI apporte par ailleurs sa distribution. La structure travaille avec les quatre principaux réseaux sud-africains et gère plus de quatre millions de terminaux par an, ce qui permet à Mission Mobile de s'appuyer sur une chaîne d'approvisionnement existante plutôt que de bâtir son propre réseau de vente.
L'opération s'inscrit dans un programme plus large de 2,1 milliards de rands mené par DNI dans la connectivité, les services numériques et la fintech, dont le portefeuille comprend l'opérateur de fibre Frogfoot et la société d'eSIM KnowRoaming.
Une concurrence déjà installée
La concurrence est réelle. M-KOPA a accordé plus de 370 millions de rands de crédit à des Sud-Africains à faibles revenus depuis son entrée sur le marché en 2023 ; MTN propose un produit de location-vente de smartphones pour les utilisateurs prépayés ; Easy2Own de Vodacom permet de payer au jour ou à la semaine ; et FoneYam, de Pepkor, vend des terminaux prépayés.
Le pari de Mission Mobile est de fournir la couche de financement et d'évaluation du risque aux opérateurs, ce qui doit maintenir ses coûts de distribution bas, mais la rend dépendante de l'adoption et de la promotion de ses produits par les réseaux. Les nouveaux capitaux financeront la croissance du portefeuille clients, de nouveaux produits pour les opérateurs et des équipes élargies dans les services financiers, les télécoms et la distribution.
La solidité du modèle dépendra des taux de remboursement, du coût de financement de chaque appareil et de la profondeur avec laquelle les opérateurs intègrent les produits de Mission Mobile dans leurs canaux de vente.


