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Sifiso Falala nommé CEO par intérim de l'AfCRA

L'Union africaine a nommé le chercheur sud-africain Sifiso Falala CEO par intérim de l'Africa Credit Rating Agency, lancée le 7 octobre 2026 à Maurice. L'agence, qui vise 15 M$ de capitaux nouveaux, veut offrir une lecture africaine du risque souverain.

4 min de lectureMis à jour il y a 10 h
Le chercheur sud-africain Sifiso Falala, nommé CEO par intérim de l'AfCRA
Dans cet article
  1. Une agence de notation portée par l'Union africaine
  2. Un parcours dans la recherche et la notation
  3. 15 M$ de capital recherché
  4. Une alternative aux grandes agences internationales

L'Africa Credit Rating Agency (AfCRA) a un patron. Le Dr Sifiso Falala, chercheur sud-africain, en devient CEO par intérim, a annoncé l'Union africaine lors du lancement officiel de l'agence à Maurice, le mercredi 7 octobre 2026, selon Nairametrics. Sa nomination prend effet immédiatement.

Une agence de notation portée par l'Union africaine

La mission confiée à Falala : diriger une agence indépendante et pilotée par des Africains, appuyée sur des méthodologies rigoureuses et transparentes, afin de combler les lacunes dans la manière dont le risque africain est compris et évalué.

Lors du lancement, il a présenté le site officiel de l'agence, afcra.mu, et invité les utilisateurs à consulter ses données et analyses de notation.

« Pour que l'Afrique s'améliore, il lui faut une solution inhabituelle, et l'AfCRA est une solution inhabituelle », a-t-il déclaré lors d'une diffusion en direct. « Nous construisons une entité d'origine africaine et notre site couvre déjà le monde entier », a-t-il ajouté.

Un parcours dans la recherche et la notation

Avant de prendre ses fonctions, Falala a cofondé et dirigé Plus 94 Research, fondé et dirigé Sovereign Africa Ratings, et présidé l'African Credit Rating Association.

Il est titulaire d'un doctorat en Management of Technology and Innovation du Da Vinci Institute en Afrique du Sud, d'un Master of Science en Population Studies de l'University of Zimbabwe (UZ) et d'un Bachelor of Business Studies with Honours de la même institution.

Au-delà de la recherche, il est entrepreneur, auteur et dirigeant institutionnel, avec une expérience en analyse quantitative, en intelligence de marché et dans le développement d'entreprises analytiques tournées vers l'Afrique. Selon l'AfCRA, son travail s'appuie sur la rigueur méthodologique, l'intégrité statistique et la traduction de données complexes en informations utiles à la décision.

15 M$ de capital recherché

Le prospectus préliminaire de l'agence, consulté par Nairametrics, détaille la répartition du capital envisagée. Sur les 3 000 actions proposées, Plus 94 Research, cofondée par Falala, en détient 1 000 comme actionnaire fondateur, soit 33,33 %. Les 2 000 actions restantes, soit 66,67 %, sont ouvertes à de nouveaux investisseurs, l'agence visant 15 M$ de capitaux nouveaux.

Une plateforme opérationnelle régulée en Afrique du Sud devrait intégrer le groupe une fois l'acquisition proposée finalisée. Le document précise que la participation publique est exclue dans le modèle privé retenu par l'Union africaine, et que les conclusions de notation ne peuvent être subordonnées à des objectifs politiques ou commerciaux, ni achetées par des actionnaires.

Une alternative aux grandes agences internationales

Approuvée par l'Union africaine en 2017, l'AfCRA a été officiellement dévoilée le 7 octobre 2026 pour porter « le propre récit économique de l'Afrique ». Elle doit offrir une perspective africaine face aux évaluations de Fitch Ratings, Moody's Ratings et S&P Global Ratings.

L'initiative répond aux inquiétudes de gouvernements et de décideurs africains sur la façon dont les risques souverains du continent sont appréciés et tarifés. Plusieurs pays, dont le Ghana et la Zambie, estiment que des dégradations répétées ont renchéri le coût de leur dette. Plus récemment, l'African Peer Review Mechanism (APRM) a critiqué Fitch Ratings pour sa dégradation d'Afreximbank, jugeant l'évaluation révélatrice d'une méconnaissance des institutions financières africaines.

Le président de la Commission de l'Union africaine (AUC), Mahmoud Ali Youssouf, a toutefois prévenu que la nouvelle agence ne réduirait pas sensiblement les coûts d'emprunt des pays africains à court terme. Il plaide pour des réformes plus profondes du système financier mondial afin de traiter la question du coût du capital sur le continent.

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