FMDQ réclame des produits de couverture avant un nouveau choc de marché
Le nouveau patron de FMDQ Group, Zeal Akaraiwe, presse les régulateurs et les infrastructures de marché nigérianes de bâtir des instruments de couverture pendant que le change reste calme. Il s'exprimait à Singapour lors d'une rencontre d'investisseurs organisée par la CBN, selon Nairametrics.

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Une stabilité qui doit servir de socle à l'innovation
Le directeur général de FMDQ Group, Zeal Akaraiwe, appelle les autorités nigérianes et les infrastructures de marché à étoffer leurs instruments de couverture tant que les conditions de change demeurent stables, plutôt que d'attendre un nouveau choc, selon Nairametrics. Il s'exprimait devant des investisseurs réunis à Singapour, à l'occasion d'un dialogue organisé par la Central Bank of Nigeria (CBN) avec J.P. Morgan, Nigerian Exchange Group (NGX) et FMDQ Group.
« Personne ne construit pendant la tempête. Personne n'achète un parapluie quand il pleut. On l'achète avant la pluie », a-t-il déclaré, qualifiant la CBN d'agressive dans ses efforts de soutien au développement du marché.
La rencontre a réuni investisseurs, institutions financières et Nigérians installés en Asie.
Crédibilité acquise, profondeur à construire
Akaraiwe reconnaît à la banque centrale d'avoir renforcé la crédibilité et la prévisibilité des marchés financiers nigérians ces dernières années. Il estime toutefois que cette stabilité doit ouvrir la voie à l'innovation, en particulier sur les produits permettant aux investisseurs et aux entreprises de gérer le risque de change et d'autres risques financiers.
« La Banque centrale a, ces deux dernières années, bâti de la crédibilité et apporté un certain degré de prévisibilité au marché », a-t-il souligné. « Mais à ce stade, il est important qu'une institution d'infrastructure de marché apporte de la crédibilité à la formation des politiques, afin que les marchés puissent innover en matière de produits. »
Il met en garde contre une confusion fréquente : « Nous confondons souvent stabilité et immobilisme. La stabilité ne veut pas dire statique. »
Pour lui, l'enjeu de la prochaine phase n'est pas la taille mais la profondeur : « Le Nigeria est grand, mais ce à quoi nous devons aspirer dans la prochaine phase, c'est la profondeur. Nous faisons un volume très important mais limité d'obligations et de devises, et après ? Comment allons-nous introduire des forwards, des swaps de devises, puis à un moment donné des options ? »
Les priorités des cinq à dix prochaines années
Akaraiwe plaide également pour une surveillance des contrôles de change appuyée sur la technologie et pour un renforcement des compétences professionnelles. Il cite parmi les priorités des cinq à dix prochaines années les participants de marché, les infrastructures, la crédibilité, la prévisibilité et le développement de produits.
Il a pris ses fonctions de directeur général de FMDQ Group en juin 2026, succédant à Bola Onadele Koko, directeur général fondateur parti après douze ans. Ses propos s'inscrivent dans la continuité des initiatives sur les produits dérivés lancées sous son prédécesseur, tout en pointant la nécessité d'une plus grande profondeur de marché et d'une adoption plus large.
FMDQ avait introduit en 2016 le marché des Non-Deliverable Forwards USD/NGN, posant une première base pour l'activité de couverture du risque de change. En 2023, la place a lancé des dérivés cotés, dont des contrats à terme sur obligations et sur devises réglés en nairas.
Une part des dérivés encore marginale
Les dernières données de FMDQ illustrent la place réduite des dérivés dans l'activité de change nigériane. Pour la semaine close le 2 octobre 2026, les transactions au comptant ont représenté 96,19 % du volume total, contre 3,81 % pour les dérivés.
Les échanges au comptant ont totalisé 1,632 milliard de dollars sur la semaine, soit 96,19 % de l'activité globale. Les dérivés de change, composés de forwards, ont atteint 64,73 millions de dollars, soit 3,81 % du total. Le volume de dérivés a progressé de 65,09 % sur la semaine, tandis que le volume global de change reculait de 35,41 %, à 1,697 milliard de dollars.
Ces chiffres sont publiés alors que les réserves extérieures brutes du Nigeria restent proches d'un plus haut de dix-huit ans et que le naira s'échange autour de 1 330 pour un dollar.
La faiblesse relative de la part des dérivés montre que les opérations au comptant continuent de dominer malgré l'existence d'instruments de couverture. L'argument central d'Akaraiwe est que des produits plus solides, des infrastructures et des conditions de sortie prévisibles doivent être préparés en période d'accalmie, afin que investisseurs et entreprises soient mieux armés lorsque la conjoncture changera.
La séquence singapourienne s'inscrit dans la tournée asiatique du gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, qui inclut des rencontres avec la Monetary Authority of Singapore et un protocole d'accord avec le Global Finance & Technology Network. Le programme prévoit aussi des étapes à Pékin, alors que la banque centrale et ses partenaires de marché poursuivent les discussions avec les investisseurs et institutions financières internationaux.


