PawaPay obtient une licence PSP au Mozambique via Quidexplus
La Banque du Mozambique a accordé une licence de fournisseur de services de paiement à Quidexplus Mozambique, filiale locale de l'agrégateur PawaPay. L'entreprise peut désormais intégrer directement des marchands dans un pays où les comptes de monnaie électronique atteignent 130,9 pour 100 adultes, contre 33,8 comptes bancaires.

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Une licence PSP délivrée par la Banque du Mozambique
PawaPay, agrégateur panafricain de paiements mobiles, a reçu une licence de fournisseur de services de paiement (PSP) de la Banque du Mozambique, rapporte Launch Base Africa. L'autorisation a été délivrée à sa filiale locale, Quidexplus Mozambique, et annoncée le 8 mars 2026.
Cette licence fait de PawaPay l'une des premières sociétés habilitées à exercer comme PSP dans le cadre réglementaire mozambicain. Elle lui permet d'intégrer directement des marchands et de proposer des services de paiement régulés sur l'ensemble du territoire.
Un marché dominé par trois opérateurs de monnaie électronique
Le pays compte trois opérateurs de monnaie électronique : M-Pesa (Vodacom), e-Mola (Movitel) et mKesh (Tmcel). Ensemble, ils desservent plus de 12 millions de comptes actifs.
Les données de la banque centrale montrent que les comptes de monnaie électronique ont atteint 130,9 pour 100 adultes au deuxième trimestre 2026, contre 33,8 comptes bancaires pour 100 adultes. La progression est nette : ces comptes étaient à 125,8 pour 100 adultes fin 2025, tandis que les comptes bancaires stagnaient, passant de 33,7 à 33,8 sur la même période.
Le réseau bancaire classique se contracte en parallèle. Le nombre d'agences est tombé à 3,62 pour 100 000 adultes, contre 3,76 en 2025, et celui des distributeurs automatiques à 6,43 pour 100 000 adultes.
En valeur, les portefeuilles mobiles ont traité environ 14,6 milliards de dollars entre janvier et octobre 2025, pour plus de 1,3 milliard d'opérations en dix mois. Le marché mozambicain des paiements numériques devrait croître de 15,28 % entre 2024 et 2028, pour atteindre 9,37 milliards de dollars de volume en 2028.
Le réseau de monnaie mobile s'appuie sur près d'un demi-million d'agents : 467 622 au premier trimestre 2026, en hausse de 4,4 % sur un trimestre.
e-Mola gagne du terrain face à M-Pesa
M-Pesa, lancé par Vodacom sur le modèle kényan de Safaricom, reste la marque la plus connue. Mais les observateurs du secteur notent la progression d'e-Mola, notamment hors de Maputo. « Il est aussi difficile de ne pas remarquer à quel point e-Mola de Movitel a rattrapé M-Pesa depuis ma dernière visite, en particulier hors de Maputo dans certaines villes plus petites », relève un analyste fintech familier du marché.
Les données de 2025 montrent qu'e-Mola a dépassé les banques traditionnelles en valeur de transferts, tandis que M-Pesa a enregistré environ 546,5 milliards de meticais sur 498 millions de transactions. L'interopérabilité complète entre M-Pesa, mKesh et e-Mola est en place depuis décembre 2022.
Un cadre réglementaire en refonte
La Banque du Mozambique a engagé une refonte de son cadre de paiements. Le régime de licence PSP a été créé par le décret n° 99/2019, avec des exigences de capital minimal fixées par l'Aviso n° 3/GBM/2020. En juillet 2026, le gouvernement a approuvé la loi n° 15/2026 sur le nouveau système national de paiement, qui renforce les pouvoirs de supervision de la banque centrale et encourage l'innovation responsable. Les opérateurs disposent de 180 jours pour s'y conformer.
Le pays a aussi lancé en mars 2026 le système de paiement instantané METIX, qui relie banques commerciales et portefeuilles mobiles pour des transferts en temps réel via site web, application mobile et USSD, sans connexion internet. Un bac à sable réglementaire devrait accélérer l'innovation dans les paiements et l'épargne numériques en 2026.
Vingt-trois marchés et 7 millions d'opérations par jour
Pour PawaPay, la licence mozambicaine s'ajoute à une présence régulée dans 23 marchés africains. Fondée à Londres en 2020 sous la direction de Nikolai Barnwell, la société traite environ 7 millions de transactions par jour pour des clients des secteurs du transport à la demande, des transferts d'argent, du commerce de détail et des organisations non gouvernementales.
Ses volumes ont grimpé rapidement : plus de quatre ans ont été nécessaires pour atteindre le premier milliard de transactions de monnaie mobile, le deuxième est venu en moins de douze mois et le troisième en neuf mois. La société a dépassé 10 milliards d'euros (11,5 milliards de dollars) de paiements réglés à ce jour. En 2026, elle figure parmi les meilleures sociétés fintech mondiales du classement CNBC.
PawaPay travaille directement avec les banques et les opérateurs de réseaux mobiles pour gérer encaissements, règlements, changes et rapprochements via une API unique. Ce modèle simplifie l'entrée sur un marché pour les marchands internationaux, qui devraient sinon nouer des connexions individuelles dans chaque territoire.
« Notre plateforme est conçue pour supprimer la dette technique liée à la construction de connexions individuelles dans chaque territoire », a déclaré Barnwell au Financial Times. « La monnaie mobile est le moyen par lequel des centaines de millions d'Africains paient biens et services chaque jour, mais beaucoup d'entreprises hors d'Afrique sous-estiment encore son échelle et sa sophistication. La licence mozambicaine est une étape de plus pour rendre cette infrastructure accessible à toute entreprise qui souhaite opérer ici. »
Intégration des marchands et transferts entrants
Jusqu'ici, l'infrastructure de paiement agréée limitée restreignait l'activité des marchands à grande échelle au Mozambique. La licence PSP permet à PawaPay d'intégrer directement des marchands et de les connecter aux trois réseaux de monnaie mobile qu'utilisent déjà leurs clients.
« Le Mozambique est l'un des marchés de la monnaie mobile les plus actifs du continent depuis des années, mais les marchands n'avaient aucun moyen fiable d'y opérer à grande échelle », a déclaré Ilídio Matchebe, directeur pays de PawaPay au Mozambique. « Devenir l'un des premiers PSP agréés par la Banque du Mozambique change la donne. »
La licence permet à PawaPay de démarrer ses opérations commerciales immédiatement, l'intégration des marchands devant commencer dans les prochains jours. La société est aussi en discussions avancées avec M-Pesa, e-Mola et des prestataires internationaux de transfert d'argent sur l'expansion des flux de paiement entrants.
Les transferts de fonds représentent un enjeu important. Les Mozambicains de l'étranger ont envoyé plus de 500 millions de dollars, et la monnaie mobile est le principal canal de réception depuis l'Afrique du Sud, le Portugal et d'autres pôles de la diaspora. Les partenariats existants de PawaPay avec Airtel Money Africa, qui couvrent sept marchés pour les transferts transfrontaliers, pourraient servir de modèle.
Une inclusion financière inégale
L'indice d'inclusion financière calculé par la banque centrale s'établit à 14,9 selon la méthodologie traditionnelle, et grimpe à 36,5 lorsque la monnaie mobile est prise en compte.
Des écarts importants subsistent. Les comptes de monnaie électronique restent concentrés chez les hommes : 144,7 pour 100 hommes adultes contre 118,5 pour 100 femmes adultes. Pour les comptes bancaires, l'écart est plus large encore : 44,8 pour 100 hommes contre 21,8 pour 100 femmes. Les zones rurales sont également en retrait, les provinces de Niassa, Cabo Delgado et Manica comptant le moins de points d'accès par habitant.
Les cartes bancaires ne sont utilisées que par 18,3 adultes sur 100, bien en dessous de la pénétration des comptes de monnaie électronique. L'arrivée d'un PSP agréé pourrait réduire certains de ces écarts en permettant à davantage de marchands d'accepter les paiements numériques. La mesure dans laquelle la licence suffit à elle seule à favoriser l'inclusion, par rapport à des facteurs structurels comme la possession d'appareils, les compétences numériques et les normes de genre, reste toutefois débattue parmi les économistes du développement.
Pour PawaPay, la licence mozambicaine relève autant du positionnement que du rendement commercial immédiat. Alors que le marché africain de la monnaie mobile continue de croître — plus de 1 400 milliards de dollars de transactions y ont été traités l'an dernier —, les agrégateurs détenant des licences directes dans plusieurs juridictions sont mieux placés pour capter les flux de paiement transfrontaliers et servir des marchands multinationaux cherchant un point d'intégration unique.


