Universal Quantum boucle plus de 100 M$ en série A
La startup britannique Universal Quantum a levé plus de 100 M$ en série A, la plus importante jamais réalisée par une entreprise quantique du Royaume-Uni, selon Ventureburn. Les fonds serviront à construire une machine tolérante aux pannes et à ouvrir un centre de R&D à Singapour.

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La startup britannique Universal Quantum a annoncé avoir réuni plus de 100 M$ lors de sa série A, le plus important tour de table jamais enregistré par une société quantique basée au Royaume-Uni, selon Ventureburn. L'opération, menée par DCVC et Firgun Ventures, doit financer la construction d'une machine quantique fonctionnelle, capable de résoudre des problèmes réels.
Un tour de table international
Le véhicule souverain singapourien EDBI figure parmi les participants, aux côtés d'Artal (conseillé par Invus), de la société japonaise Integral GlobalTech, de Hostplus, de NGS Super et de Dave Baszucki, fondateur et PDG de Roblox. Des capitaux américains, européens, asiatiques et australiens réunis sur un même tour de table : le signal est jugé fort par les observateurs.
Bill Bartee, de Main Sequence, souligne que Universal Quantum a décroché des contrats majeurs avant que la plupart de ses concurrents n'aient livré du matériel opérationnel. Zeynep Korutürk, de Firgun, présente l'opération comme une victoire pour l'Europe, sous pression pour démontrer sa capacité à rivaliser sur les technologies de pointe.
Une architecture modulaire pour passer à l'échelle
Un ordinateur quantique utile exige un très grand nombre de qubits de qualité, ce qu'une puce unique ne permet pas d'atteindre. Universal Quantum relie donc plusieurs petites puces entre elles, à la manière de carreaux posés sur un sol.
Chaque puce repose sur la technologie des ions piégés : des atomes chargés, maintenus en place par des champs électriques, tiennent le rôle de qubits. Les modules se connectent sans interconnexions photoniques, sans lasers coûteux et sans dispositif de refroidissement lourd. L'objectif affiché est de rendre ces machines modulaires, industrialisables et moins risquées à concevoir.
La correction d'erreurs consomme rapidement les qubits, ce qui rend la mise à l'échelle déterminante : les machines actuelles impressionnent en démonstration mais peinent sur des tâches réellement utiles.
Un contrat de 77 M$ avec le DLR
Universal Quantum exécute un contrat de 77 M$ avec le Centre aérospatial allemand. La société emploie déjà plus de 100 personnes hautement qualifiées sur trois continents, avec des applications visées dans la découverte de médicaments, la conception de batteries et la modélisation climatique.
Expansion en Asie, aux États-Unis et en Allemagne
Les fonds serviront principalement à l'expansion. Un nouveau centre de R&D à Singapour deviendra le premier site de l'entreprise hors d'Europe. Une croissance est également prévue aux États-Unis, au Japon et au sein du hub de Hambourg, en Allemagne. La société indique que d'autres collaborations internationales seront annoncées prochainement.
Fondée par les professeurs Sebastian Weidt et Winfried Hensinger, de l'université du Sussex, Universal Quantum a été lancée en 2018, après la publication en 2017 du premier plan pratique d'un ordinateur quantique à ions piégés à grande échelle.
Un marché estimé entre 60 et 100 Md$ par an
Les analystes anticipent un marché quantique de 60 à 100 Md$ par an à l'horizon 2035, et jusqu'à 2 700 Md$ de valeur économique dégagée dans la pharmacie, la finance et l'automobile. La prudence reste de mise face à l'abondance des promesses, mais ce tour de table indique où se dirigent les capitaux sérieux : Singapour, Hambourg, et la capacité des puces modulaires à monter en charge.


