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NeoFleet lève 4 M$ pour financer les flottes de taxis en Afrique

La société de financement de mobilité NeoFleet, active au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Pérou, a réuni 4 M$ en pre-seed, selon TechCabal. Le tour, mêlant actions et dette, doit lui permettre d'étendre son modèle de financement des flottes de taxis professionnelles.

4 min de lectureMis à jour il y a 3 h
Igor Shiyanov et Oleg Mosyazh, cofondateurs de NeoFleet
Crédit image : NeoFleet
Dans cet article
  1. Un déficit de financement ciblé
  2. Objectif : 5 000 véhicules fin 2027
  3. Moove et Autochek en concurrence

NeoFleet, société de financement de la mobilité basée à Chypre et présente au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Pérou, a bouclé un tour de table pre-seed de 4 M$, selon TechCabal. L'opération associe actions et dette, et doit servir à déployer à plus grande échelle son modèle de financement des flottes de taxis professionnelles ainsi qu'à poser les bases d'une infrastructure dédiée à la mobilité autonome.

Le fonds DMTech VC, spécialisé dans la fintech et le financement adossé à des actifs, a participé au tour aux côtés d'autres investisseurs privés. Mark Loughran, ancien président et directeur financier de la société de VTC inDrive, figure également parmi les souscripteurs ; il rejoint NeoFleet en qualité de président et cofondateur.

Un déficit de financement ciblé

Fondée en 2024 par Igor Shiyanov et Oleg Mosyazh, NeoFleet finance et gère des flottes de véhicules pour des opérateurs de mobilité professionnels. La société revendique, à octobre 2026, un réseau de 650 véhicules représentant une valeur d'achat d'environ 10 M$.

Son modèle repose sur un constat : les banques disposent rarement des modèles de crédit et de l'appétit au risque nécessaires pour financer les flottes de taxis, ce qui limite la capacité d'expansion des opérateurs professionnels. « Nous répondons à un problème fondamental dans de nombreux marchés de mobilité à forte croissance : les gens ont besoin de se déplacer, les chauffeurs veulent travailler, et le capital est la pièce manquante pour mettre plus de voitures sur la route », a déclaré Mark Loughran dans un communiqué.

Le coût des véhicules en Afrique subsaharienne

D'après des données de la Banque mondiale de 2021 compilées par TheGlobalEconomy, les véhicules en Afrique subsaharienne coûtent environ 8 % de plus que la moyenne mondiale, avec un indice de prix de 107,74 contre une référence mondiale de 100.

« NeoFleet comble cet écart : nous fournissons aux opérateurs de flottes professionnels le capital nécessaire pour croître et nous créons l'infrastructure qui permet au capital institutionnel d'accéder à la classe d'actifs des taxis à grande échelle », a expliqué Igor Shiyanov, directeur général de NeoFleet, à TechCabal.

Objectif : 5 000 véhicules fin 2027

Les 4 M$ levés financeront l'expansion des opérations existantes et l'entrée sur de nouveaux marchés de mobilité. NeoFleet prévoit de déployer 1 000 véhicules sur son réseau d'ici fin 2026, puis 5 000 d'ici fin 2027, ce qui représenterait selon ses estimations entre 75 M$ et 100 M$ de valeur de véhicules.

L'entreprise s'appuie sur un modèle qu'elle nomme « Fleet Management Franchise », qui combine financement de véhicules, technologie de gestion de flotte, exploitation et maintenance, et assurance. Sa couche technologique repose sur la notation des flottes et des chauffeurs, la télématique, le suivi des véhicules, la gestion de la maintenance et le contrôle des paiements.

« Nous déployons ce modèle progressivement », a indiqué Igor Shiyanov. « Nous commençons généralement par financer des opérateurs de flottes établis, puis nous renforçons notre contrôle sur l'actif via la propriété directe des véhicules ou des structures de vente à tempérament, et nous intégrons finalement ces capacités dans la Fleet Management Franchise complète. »

Plusieurs formules de détention

NeoFleet n'applique pas un modèle de propriété unique sur l'ensemble de ses marchés. Dans certaines transactions, elle accorde un financement garanti à un opérateur établi, qui acquiert et détient ensuite les véhicules. Dans d'autres, elle achète elle-même les véhicules et les loue à des opérateurs locaux. Elle recourt aussi à des structures de vente à tempérament, où l'opérateur acquiert les véhicules et les paie sur une période convenue.

Ses clients sont principalement des opérateurs professionnels de taxis et de VTC dont l'accès au financement bancaire classique est limité. NeoFleet tire ses revenus des intérêts et frais sur les financements accordés, ainsi que des loyers des véhicules qu'elle détient. À mesure du développement de sa Fleet Management Franchise, elle compte ajouter des revenus issus du logiciel, de la maintenance, de l'assurance et d'autres services de flotte.

L'entreprise indique avoir mis en place plusieurs niveaux de protection. Avant d'accorder un financement, elle mène des vérifications et des évaluations de crédit sur les opérateurs. Elle s'appuie aussi sur ses relations avec les plateformes de VTC et sur d'autres données de marché pour identifier des opérateurs établis. Les véhicules sont assurés et suivis par télématique, notamment via des données de localisation et d'état. En cas de retard de paiement, NeoFleet cherche d'abord avec l'opérateur si le problème est temporaire et si l'échéancier peut être corrigé ou restructuré. Si cela échoue, sa structure de garantie et le suivi des véhicules lui permettent, selon elle, de récupérer le véhicule et de le redéployer auprès d'un autre opérateur.

Moove et Autochek en concurrence

NeoFleet évolue sur un marché où des acteurs plus importants, dont Moove et Autochek, tentent aussi de combler le déficit de financement des véhicules. La société mise toutefois sur une évolution de la mobilité commerciale à plus long terme : elle estime que l'infrastructure nécessaire à l'exploitation des flottes de taxis professionnelles actuelles pourrait servir aux véhicules autonomes. Même sans chauffeurs, les flottes autonomes auront besoin de financement, d'assurance, de recharge, de maintenance, de réparations, de suivi et de gestion quotidienne.

« Nous pensons que la mobilité autonome sera l'une des transformations structurelles les plus importantes du transport », a déclaré Igor Shiyanov. « En Afrique, nous nous attendons à ce que les véhicules conduits par des humains et les véhicules autonomes coexistent un certain temps, mais le basculement aura lieu, et les marchés qui s'y préparent tôt seront les mieux placés pour en profiter. »

NeoFleet indique étudier plus de 15 pays pour sa prochaine phase d'expansion et prévoir de retenir deux à trois nouveaux marchés. Elle cible l'Amérique latine, l'Afrique, l'Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient. À plus long terme, elle voit un potentiel dans des marchés développés, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne. La société poursuivra son développement au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Pérou tout en évaluant ces nouveaux marchés. Son objectif actuel : transformer son activité de financement de flottes en une plateforme reliant le capital aux actifs de mobilité, et disposer de la même infrastructure lorsque les flottes autonomes commenceront à se déployer dans les marchés émergents.

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