Airtel Money, MNT-Halan, OPay : six fintechs africaines en route vers la Bourse
Une vague de fintechs africaines bascule du capital-risque vers les marchés publics, la plupart visant des places étrangères plutôt que leurs Bourses locales. Selon Technext, six dossiers sont en cours, du prix déjà fixé d'Airtel Money à Londres aux projets plus lointains de Tyme Group.

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Une vague de cotations portée par la recherche de liquidité
Les plus grandes sociétés africaines de paiement et de mobile money passent progressivement des tours de table privés à la cote. Selon Technext, cette dynamique répond à deux moteurs : l'appétit des investisseurs pour des activités de finance numérique rentables et la recherche d'une liquidité que les Bourses du continent peinent souvent à offrir.
Plusieurs de ces entreprises visent des places internationales, en particulier celles qui cherchent à lever au-delà de leur marché domestique. L'Égypte fait exception avec MNT-Halan, qui mise sur une cotation locale, tandis que les activités de mobile money adossées à des opérateurs télécoms, comme Airtel Money et MoMo de MTN, se tournent vers des investisseurs internationaux.
Airtel Money fixe le prix de son IPO à Londres
Airtel Money, la branche mobile money d'Airtel Africa, est la plus avancée du groupe. Son introduction à la London Stock Exchange a été valorisée le premier jour d'octobre 2026 à 7 milliards de dollars, en dessous de la fourchette de 8 à 9 milliards de dollars initialement évoquée, pour une levée d'au moins 800 millions de dollars via la cession de titres existants.
L'activité couvre 14 marchés africains et sert plus de 54 millions de clients. Elle se classe au troisième rang continental du mobile money par valeur de transactions, derrière M-Pesa de Safaricom et MoMo de MTN. Son chiffre d'affaires a progressé de 36,3 % en devise de reporting, avec un EBITDA sous-jacent de 689 millions de dollars, des chiffres mis en avant pour convaincre les investisseurs d'un basculement des transactions d'agents en espèces vers des paiements numériques plus larges.
MNT-Halan choisit la Bourse du Caire
La fintech égyptienne MNT-Halan a déposé une demande pour coter 20 % de son capital sur l'Egyptian Exchange, avec une cotation attendue autour d'octobre 2026. Valorisée à 1,4 milliard de dollars, elle est le premier prêteur non bancaire du pays, avec environ 178 milliards de livres égyptiennes (près de 6,1 milliards de dollars) de prêts décaissés depuis sa création en 2018.
Son encours de crédit approche le milliard de dollars, porté par un modèle hybride combinant 1 200 points de distribution physiques dans 25 gouvernorats égyptiens et des canaux numériques. En amont de la cotation, MNT-Halan a levé 82 millions de dollars via trois tranches obligataires distinctes pour financer la poursuite de ses prêts. Contrairement aux autres sociétés de cette liste, elle vise une place locale, un pari assumé sur la capacité du marché égyptien à soutenir une fintech licorne.
MoMo de MTN avance pays par pays
Plutôt qu'une cotation unique, MoMo, l'activité mobile money de MTN, progresse marché par marché. En Ouganda, les actionnaires ont approuvé l'intégration de MoMo dans une nouvelle entité, MTN New FinCo, qui vise une inscription à l'Uganda Securities Exchange dans un délai de trois à cinq ans.
Le Ghana est allé plus loin, avec la finalisation en mars 2026 de la scission de MoMo en une société autonome, MobileMoney Ltd, dont la direction vise une cotation au Ghana Stock Exchange dans une fenêtre comparable de trois à cinq ans. Au Nigeria, MTN a opté pour une première étape différente : la cession de 60 % de ses filiales fintech, MoMo Payment Service Bank et Y'ello Digital Financial Services, à MTN Group Fintech B.V., pour environ 152 milliards de nairas (110,5 millions de dollars), sans calendrier de cotation arrêté pour cette activité.
OPay, PalmPay et Tyme Group : des calendriers plus lointains
OPay, lancée au Nigeria comme super-application de VTC, livraison de repas et de bus avant de se recentrer sur les services financiers, a levé 400 millions de dollars en série C en août 2021, sur une valorisation de 2 milliards de dollars. Soutenue par SoftBank Vision Fund, Sequoia Capital China, IDG Capital et le véhicule de Meituan, la société a depuis vu sa valeur progresser : une déclaration d'Opera, qui détient environ 9,5 % du capital, valorisait cette participation à 294,6 millions de dollars en avril 2026, soit une valorisation totale d'environ 3,1 milliards de dollars.
Opera attribuait une probabilité de 85 % à une IPO d'OPay sous deux ans, tout en précisant qu'il s'agissait d'une donnée de valorisation comptable et non d'une prévision de marché. La presse a ensuite évoqué un projet de cotation aux États-Unis avec Citigroup, Deutsche Bank et JPMorgan, visant 4 milliards de dollars de valorisation, avec des titres potentiellement vendus avant fin 2026. Une cotation à la Nigerian Exchange est également envisagée, qui pourrait s'ajouter au projet américain plutôt que le remplacer, et Standard Bank Group serait en discussions pour prendre une participation avant l'IPO. OPay sert plus de 50 millions d'utilisateurs et traite environ 12 milliards de dollars de transactions par mois.
PalmPay a démarré avec un tour d'amorçage de 40 millions de dollars mené par Transsion, suivi d'une série A de 100 millions de dollars en 2021 avec AfricInvest, Chuangshi Capital et Trust Capital. La société dit avoir atteint la rentabilité en 2025 et revendique plus de 35 millions d'utilisateurs enregistrés et environ un million de clients professionnels, en plus d'une activité de financement de smartphones en Tanzanie et au Bangladesh. En août 2026, elle s'est préparée à une cotation à Hong Kong pour lever environ 200 millions de dollars, sur une valorisation supérieure à un milliard de dollars. Ce choix reflète ses liens capitalistiques asiatiques : Transsion, NetEase et le fabricant de puces MediaTek sont basés en Asie, et Transsion a de son côté renouvelé sa propre demande de cotation à Hong Kong.
Tyme Group, qui exploite TymeBank en Afrique du Sud et GoTyme aux Philippines, a un horizon plus lointain. Le groupe a levé 250 millions de dollars en série D en 2024, menée par la néobanque brésilienne Nubank, sur une valorisation de 1,5 milliard de dollars. Sa direction a évoqué une cotation aux États-Unis d'ici 2028, doublée d'une inscription secondaire en Afrique du Sud. Sa base clients cumulée dépasse 17 millions de personnes, dont environ 11 millions chez TymeBank en Afrique du Sud et 6,5 millions chez GoTyme aux Philippines.
Aucune des sociétés citées n'a confirmé officiellement son calendrier de cotation.


