Datasite : les projets de levée bondissent de 32 % avant l'IPO
Les projets de levée de fonds ont progressé de 32 % dans le monde au premier semestre 2026, selon Datasite, tandis que le sous-ensemble lié aux IPO gagnait 33 %. Cette activité, qui précède de six à neuf mois les opérations annoncées, dessine un pipeline sélectif dominé par les très grandes valorisations.

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Un pipeline qui se remplit avant les annonces
Les projets de levée de fonds ont augmenté de 32 % dans le monde au premier semestre 2026 sur un an, selon Crunchbase News. Le sous-ensemble lié aux introductions en bourse progresse de 33 % sur la même période.
Ces chiffres portent sur les espaces de travail ouverts pour des opérations de financement, et non sur des émissions finalisées. Certains processus peuvent être interrompus, abandonnés ou réorientés, précise la plateforme. Ils constituent néanmoins un indicateur avancé : les équipes de deal préparent leurs documents de due diligence avant un dépôt de dossier ou une annonce.
Datasite, qui facilite environ 16 000 nouvelles opérations par an, indique que cette activité peut précéder les résultats annoncés de six à neuf mois.
Un marché porté par les très grosses valorisations
Les données de Crunchbase sur les émissions soutenues par des investisseurs montrent un net rebond, tiré de façon disproportionnée par les plus grosses cotations. Au premier semestre 2026, 58 entreprises financées par le capital-risque et valorisées à 1 Md$ ou plus se sont introduites en bourse dans le monde, contre 27 un an plus tôt, et près des 69 recensées sur l'ensemble de 2025.
Ensemble, ces startups ont levé 110,8 Md$ via leur IPO, contre 12,6 Md$ un an plus tôt. Mais 86 Md$ — près de 78 % du total du semestre — proviennent de SpaceX seule. Le marché est donc rouvert, mais reste dominé par des cas d'échelle exceptionnelle plutôt que par une reprise généralisée.
La préparation, condition d'accès
Le ralentissement a relevé les exigences. La croissance ne suffit plus : les entreprises doivent afficher de meilleures marges, des revenus plus prévisibles, une gouvernance plus propre, des contrôles renforcés et un historique d'exploitation plus long. Les investisseurs publics continuent d'examiner la valorisation, la croissance, la rentabilité et la gouvernance, ce qui fait de la préparation disciplinée un prérequis et non une tâche de dernière étape.
« La préparation crée de l'optionalité », résume l'auteur, qui souligne qu'une société prête à s'introduire peut tout aussi bien rester privée, lever un nouveau tour, viser une cession ou revenir sur le marché public. Le même travail sert chaque trajectoire.
Cette préparation doit suivre l'évolution de l'activité. Acquisitions, expansion géographique et modifications de la structure de capital peuvent changer les obligations de publication, les contrôles internes et l'exposition réglementaire.
L'IA raccourcit les délais administratifs, pas la due diligence
La technologie réduit le travail administratif qui retarde la mise en état. Sur Datasite, le temps médian de préparation des opérations est passé de 14 à 12 jours sur un an au premier semestre 2026, tandis que le temps médian de due diligence est resté à 181 jours.
Pour un candidat à l'IPO, l'IA et l'automatisation aident à classer les fichiers, appliquer des caviardages, repérer les pièces manquantes et maintenir les informations à jour. Cela libère du temps pour les équipes finance, juridique et dirigeantes. En revanche, cela ne comprime pas le travail de jugement : tester les contrôles, résoudre les questions comptables, répondre aux régulateurs et convaincre les investisseurs.
Ce qui peut encore enrayer la reprise
La thèse peut échouer. Une hausse durable des taux ou de la volatilité, une croissance économique plus faible, un écart croissant entre valorisations privées et publiques, des chocs réglementaires ou géopolitiques, ou de mauvaises performances boursières des nouvelles cotées pourraient pousser les émetteurs à suspendre leurs projets.
Le test décisif reste la conversion. Si l'activité précoce ne se traduit pas par davantage de dépôts et d'émissions finalisées dans les six à neuf mois, ou si les nouvelles introductions ne tiennent pas leur valorisation, le pipeline aura signalé une préparation sans réouverture durable.
Trois points sont à surveiller : la composition des émetteurs, la conversion des projets en dépôts et cotations, et la performance après cotation. Le calendrier actuel résulte de décisions prises il y a des années ; le prochain est déjà en construction.


