Aller au contenu principal
Live
FintechMarocMaroc

Bank Al-Maghrib étudie une monnaie digitale de banque centrale

Bank Al-Maghrib examine dans un document de travail publié en octobre 2026 l'opportunité d'introduire une monnaie digitale de banque centrale au Maroc. L'institution en assurerait l'émission, banques et fintechs se chargeant de la distribution, dans un pays où la circulation fiduciaire dépasse 500 milliards de dirhams.

4 min de lectureMis à jour il y a 2 h
Illustration de l’article
Dans cet article
  1. Un document de travail publié en octobre 2026
  2. Émission par BAM, distribution par les banques et les fintechs
  3. Le poids du cash et de l'informel
  4. Des gains attendus, des risques à encadrer

Un document de travail publié en octobre 2026

Bank Al-Maghrib (BAM) explore, dans un document de travail rendu public en octobre 2026, la piste d'une monnaie digitale de banque centrale (MDBC) pour le Maroc, selon Infomédiaire. La réflexion s'inscrit dans un contexte marqué par la progression des paiements électroniques, l'essor des cryptomonnaies et l'émergence des stablecoins.

Deux objectifs principaux sont assignés à ce projet : améliorer l'accès aux services financiers et faire basculer une partie de l'économie informelle dans le circuit officiel.

Émission par BAM, distribution par les banques et les fintechs

Le schéma envisagé confierait l'émission de la monnaie à Bank Al-Maghrib, tandis que les banques et les fintechs prendraient en charge sa distribution auprès du public. Dans un premier temps, cette monnaie ne serait pas rémunérée et son anonymat resterait partiel, en conformité avec les règles de lutte contre le blanchiment d'argent.

Les travaux et expérimentations conduits par BAM, avec l'appui du FMI et de la Banque mondiale, doivent permettre de juger de la faisabilité du dispositif. Les auteurs du document plaident pour un déploiement par étapes.

Le poids du cash et de l'informel

Le recours aux espèces demeure élevé au Maroc. La circulation fiduciaire est passée de 70 milliards de dirhams en 2001 à plus de 500 milliards en 2025, alors que le taux de bancarisation s'établissait à 62 % en 2025.

L'économie informelle pèserait 30 % du PIB et 75 % de l'emploi. En 2023, elle regroupait plus de 2 millions d'unités de production informelle, dont 2 % seulement disposaient d'un compte bancaire dédié.

Des gains attendus, des risques à encadrer

Une MDBC accessible et peu coûteuse pourrait fluidifier les paiements, élargir l'accès aux services financiers et réduire l'exclusion financière. Elle pourrait aussi soutenir la formalisation de l'économie informelle et faciliter les transferts des Marocains résidant à l'étranger, qui représentent en moyenne 8 % du PIB. À titre d'illustration, le projet international mBridge a permis de réduire les frais de transfert jusqu'à 50 %.

L'effet sur l'informel dépendrait toutefois de la maîtrise des outils numériques et de la confiance des citoyens dans les institutions. En période de crise, des transferts massifs de dépôts bancaires vers la monnaie digitale pourraient fragiliser les banques commerciales ; des plafonds de détention sont évoqués pour contenir ce risque.

Maillage