Web3Bridge pivote vers une résidence pour fondateurs africains
Web3Bridge ne ferme pas : l'organisation nigériane se transforme en programme de résidence pour fondateurs, ouvert à l'IA et à la fintech. Son fondateur Ayodeji Awosika explique à Technext un pivot rendu nécessaire par la raréfaction des subventions.

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Un démenti et un changement de modèle
Web3Bridge ne disparaît pas. L'organisation nigériane, présentée ces derniers jours comme en cessation d'activité après sept ans d'existence, engage en réalité une transformation en profondeur, selon Technext. Elle passe d'un dispositif de formation de développeurs à un programme de résidence destiné à accompagner des fondateurs de startups africaines.
« Heureusement, nous ne fermons pas Web3Bridge », a déclaré son fondateur Ayodeji Awosika. Il justifie cette continuité par le poids des actifs déjà engagés : près de 700 millions de nairas investis dans des infrastructures physiques, que l'organisation n'a pas encore récupérés.
Un site conçu pour accueillir des équipes
Le site actuel comprend un bâtiment pouvant héberger 200 développeurs, des logements pour le personnel, un hub complet ainsi qu'un édifice religieux acquis en novembre dernier pour soutenir le développement humain, précise le fondateur.
Pourquoi le modèle précédent n'était plus tenable
La réflexion a démarré en mai dernier, avant qu'un examen analytique mené il y a trois mois ne rende le pivot inévitable. Le modèle historique reposait largement sur des subventions gratuites et sur des partenaires comme Lisk, qui s'est depuis éloigné de son positionnement initial dans la blockchain.
« Nous avons fait une revue analytique de Web3Bridge il y a trois mois et découvert que si nous ne pivotons pas maintenant, nous allons mourir naturellement », explique Ayodeji Awosika. Selon lui, l'argent gratuit pour les idées en phase initiale a disparu et les financements exigent désormais des projets déjà établis.
Il pointe un effet de concentration : la plupart des programmes pour fondateurs lancés en Afrique ces deux dernières années réunissent les mêmes participants. Les subventions récentes de réseaux comme Stellar ont ainsi été dirigées vers des projets établis tels qu'Onboard et Aza.
Une résidence ouverte au-delà de la blockchain
Le programme s'ouvrira à des secteurs plus larges, notamment l'intelligence artificielle et la fintech, tout en maintenant le parcours de développeurs pour alimenter l'écosystème. La marque mère conserve le nom Web3Bridge, tandis que la résidence fonctionnera sous une sous-marque distincte, possiblement « Founders Residency by Web3Bridge ».
Le format retenu est une expérience intensive en présentiel de 8 à 12 semaines. La première cohorte sera limitée à 50 équipes, avec une ouverture des inscriptions prévue fin octobre. Web3Bridge revendique déjà des anciens issus de huit pays africains, dont le Kenya, l'Ouganda et le Togo, et entend conserver cette dimension panafricaine.
Financement et mentors
L'organisation négocie des partenariats avec des entreprises technologiques internationales pour offrir aux fondateurs un accès à des API, des SDK et des outils d'intelligence artificielle gratuits. Des discussions sont en cours avec des acteurs de Singapour et d'autres pôles disposant de capitaux à déployer.
« Les investisseurs essaient de localiser le Nigeria », observe Ayodeji Awosika. Il décrit leur recherche de fondateurs en phase initiale, capables de transformer 150 000 dollars en 8 millions de dollars, plutôt que de se tourner vers des noms établis comme Flutterwave ou Moniepoint.
Le programme s'appuiera sur des opérateurs locaux et des mentors internationaux, notamment de Singapour. L'objectif affiché est de préparer les fondateurs à lever des capitaux à l'échelle mondiale, dans un contexte où certains s'installent dans des régions comme la Thaïlande, la Malaisie ou le Kazakhstan.
« Notre travail est de vous aider à atteindre un point où, lorsque vous voyagez dans un Network State, vous n'y allez pas seulement pour parler aux gens de ce que vous construisez », souligne le fondateur. « Vous y allez pour commencer réellement à parler de levée de fonds. »
La fin de la gratuité totale
La résidence abandonne le modèle intégralement subventionné : les fondateurs devront payer des frais. L'organisation explore des structures de commission de type scout et résidence pour assurer sa pérennité.
« Les fondateurs vont payer », confirme Ayodeji Awosika. « Nous évitons le modèle de subvention à 100 % parce que Web3Bridge est une société à responsabilité limitée enregistrée, et nous voulons faire des affaires. » Il rappelle que toute résidence dans le monde impose au minimum de régler son hébergement.
Pour aligner le programme sur les standards internationaux, le fondateur suit personnellement le cursus de la startup school de Y Combinator et envisage un MBA. L'organisation compte aussi mobiliser son réseau d'anciens, dont plusieurs ont rejoint le capital-risque via des programmes comme Dream VC.
« Nous espérons que cette expérience ne va pas échouer entre nos mains et deviendra encore plus grande que Web3Bridge ne l'a jamais été », déclare-t-il. L'ambition de long terme est de devenir une société de capital-risque ou un accélérateur. L'objectif fondateur de 2019, former un million de développeurs, reste affiché, mais la mission immédiate est de transformer les talents africains en startups finançables à l'échelle internationale.


