Wave : des utilisateurs sénégalais signalent des retraits frauduleux
Des utilisateurs de Wave au Sénégal rapportent des retraits effectués sans leur accord, dont celui du compte d'un proche de la journaliste Ouley Mané, débité de plus d'un million de francs CFA. L'ACIF demande à la plateforme d'indemniser les victimes, alors qu'aucun lien n'est établi avec un réseau démantelé en Côte d'Ivoire.

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Des débits opérés depuis des numéros masqués
Au Sénégal, plusieurs personnes affirmant utiliser Wave déclarent avoir constaté des retraits réalisés à leur insu au cours des derniers jours, rapporte SeneNews. Le cas le plus diffusé est celui du mari de la journaliste Ouley Mané : selon elle, son compte aurait été amputé de plus d'un million de francs CFA après une opération lancée depuis un numéro masqué.
La journaliste indique avoir contacté Wave pour obtenir des explications. Elle soutient que la plateforme a refusé de reconnaître une responsabilité dans ce dossier.
D'autres signalements ont circulé sur les réseaux sociaux. Un policier a raconté sur TikTok que son compte avait également été vidé via une opération liée à un numéro masqué. Certains témoignages font état de numéros rattachés à la Côte d'Ivoire.
Un mode opératoire documenté à Abidjan
Ces récits sénégalais interviennent après une affaire exposée en Côte d'Ivoire par la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC). Selon un reportage de Life TV repris par Exclusif.net, un homme de 35 ans a été interpellé à Yopougon, soupçonné d'appartenir à une fraude aux transactions électroniques menée en bande organisée.
D'après les éléments du reportage, le suspect aurait employé pendant près d'un an des outils frauduleux achetés sur Telegram. La méthode consistait à adresser aux victimes, par SMS, des liens malveillants présentés comme des promotions ou des cadeaux, les invitant à cliquer pour obtenir un bonus.
Hameçonnage et interception du code SMS
Une fois sur la fausse plateforme, l'utilisateur devait saisir des informations personnelles et des données liées à son compte de paiement, récupérées en temps réel par les fraudeurs. Le suspect interpellé décrit aussi un dispositif permettant de reproduire ces informations sur la véritable plateforme de paiement.
L'opération était ensuite poussée jusqu'à l'étape de validation par SMS : la victime recevait un code d'authentification que les fraudeurs cherchaient à récupérer pour finaliser la transaction. Ce schéma repose sur une technique de hameçonnage visant à tromper l'utilisateur pour lui soutirer les données nécessaires à l'opération frauduleuse.
Toujours selon Life TV, le préjudice attribué au réseau interpellé en Côte d'Ivoire est estimé à 169 749 259 francs CFA. Lors de l'interpellation, les enquêteurs auraient saisi un véhicule, un ordinateur et 41 smartphones ayant servi aux opérations.
L'ACIF interpelle Wave sur sa responsabilité
À ce stade, aucun lien direct n'est établi entre les victimes sénégalaises et le réseau démantelé en Côte d'Ivoire, précise le média. L'affaire ivoirienne éclaire toutefois un mode opératoire qui présente des similitudes avec certains témoignages recueillis au Sénégal.
Face à la multiplication des récits, le président de l'ACIF, Nfamara Ibrahima Cissé, interpelle Wave. Il demande à la plateforme d'assumer ses responsabilités et d'indemniser les utilisateurs ayant subi des pertes. Selon lui, la responsabilité de l'opérateur pourrait être examinée au regard de son rôle dans la gestion et la sécurisation de la plateforme de paiement.
Pour les personnes concernées, les questions portent désormais autant sur la méthode des fraudeurs que sur les mécanismes de sécurisation et d'authentification des transactions. Deux points restent en suspens : comment ces opérations ont-elles pu aboutir, et à quelles conditions les victimes pourront-elles obtenir réparation ?


