TunChar : le biochar d'Abdelhalim Latrach exposé à Ecomondo
Le projet TunChar, porté par le chercheur tunisien Abdelhalim Latrach, a été retenu pour être présenté au salon Ecomondo de Rimini, selon La Presse de Tunisie. Cette unité de valorisation des déchets organiques par pyrolyse vise plus de 40 000 tonnes traitées par an dans quatre gouvernorats.

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Un poster retenu parmi 41 travaux scientifiques
Le travail d'Abdelhalim Latrach sur la valorisation des déchets organiques par le biochar figure parmi les projets sélectionnés pour le 29e salon international de l'économie verte et circulaire Ecomondo, qui se tient du 3 au 6 novembre 2023 à Rimini, en Italie, selon La Presse de Tunisie. Le chercheur, âgé de 32 ans et originaire de Tataouine, a présenté son travail sous forme de poster lors d'une rencontre dédiée aux solutions technologiques de récupération des ressources en Méditerranée, où 41 travaux scientifiques étaient exposés.
Titulaire d'un master professionnel en gestion et valorisation des déchets délivré par l'Institut supérieur des sciences appliquées et de technologie de Mahdia, il poursuit parallèlement un master en physique à la Faculté des sciences de Gabès.
La pyrolyse pour transformer la biomasse
Le projet « TunChar » s'appuie sur la pyrolyse, un traitement thermique des résidus organiques réalisé en l'absence d'oxygène. Ce procédé convertit la biomasse en biochar à haute efficacité environnementale tout en réduisant les émissions de carbone.
Quatre gouvernorats ciblés en phase initiale
Le déploiement de départ concerne le traitement de plus de 40 000 tonnes par an de déchets organiques répartis sur quatre gouvernorats : Mahdia, Monastir, Sfax et Sidi Bouzid. L'unité doit produire chaque année plus de 12 000 tonnes de biochar de haute qualité, 16 000 tonnes de bio-huile et 12 000 tonnes de gaz de synthèse, ce dernier étant réutilisé en circuit fermé pour couvrir les besoins énergétiques de l'installation.
Sols, eaux usées et stockage du carbone
D'après l'initiateur du projet, le choix de cette zone tient à sa complémentarité logistique, industrielle et agricole, qui facilite l'approvisionnement en résidus. Elle répond aussi au besoin urgent d'améliorer des sols soumis au stress hydrique. Le biochar constitue une alternative durable aux engrais chimiques : il accroît la fertilité des sols et peut augmenter leur rétention en eau jusqu'à 20 %. Employé comme filtre naturel, il épure par ailleurs les eaux usées en éliminant plus de 70 % des polluants chimiques. Le matériau affiche en outre un potentiel de séquestration supérieur à 31 tonnes d'équivalent CO2 par an.
Extension nationale après la phase pilote
Une fois le pilote validé, le chercheur entend étendre le modèle à l'ensemble du territoire tunisien. Il prévoit pour cela de nouer des partenariats stratégiques avec des laboratoires universitaires, des incubateurs et des bailleurs de fonds.


