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SoFiUSD de SoFi : les stablecoins deviennent une infrastructure de règlement

SoFi Technologies règle désormais ses transactions de cartes via son propre stablecoin SoFiUSD, sur un programme attendu à plus de 25 Md$ de volume annualisé. Cette bascule illustre comment les stablecoins s'imposent comme une technologie de règlement interne, sans pour autant capter l'économie du système financier.

4 min de lectureMis à jour il y a 51 minutes
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Dans cet article
  1. SoFi bascule son programme de cartes sur une settlement blockchain
  2. Binance mise 100 M$ sur Circle et l'USDC
  3. En Europe, la BCE veut revoir le traitement des réserves
  4. Les banques canadiennes explorent les dépôts tokenisés

SoFi bascule son programme de cartes sur une settlement blockchain

SoFi Technologies a commencé à utiliser son propre stablecoin, SoFiUSD, pour régler les transactions d'un programme de cartes dont le volume annualisé devrait dépasser 25 Md$, rapporte PYMNTS. La migration, annoncée avec Mastercard, concerne l'ensemble du portefeuille de cartes de débit et de crédit de l'établissement. Les transactions sont déjà actives sur cette infrastructure.

L'opération transforme de fait le stablecoin en une couche intermédiaire : il n'a plus besoin de se substituer aux cartes ou aux comptes bancaires pour exister. Une fois ce schéma en place, le facteur limitant n'est plus l'adoption par le consommateur, mais la distribution. « L'actif rare n'est peut-être pas le stablecoin, mais la relation client », résume le texte, qui souligne qu'il peut exister de nombreux jetons adossés au dollar sous supervision, mais beaucoup moins d'exchanges, de wallets, de banques et de réseaux capables de les placer devant des centaines de millions d'utilisateurs.

Un décalage de perception chez les membres de credit unions

Le sixième volet du Credit Union Tracker Series de PYMNTS Intelligence, mené avec Velera, indiquait que 70 % des membres de credit unions ne connaissent pas bien les stablecoins.

Binance mise 100 M$ sur Circle et l'USDC

Sur le même segment, Binance a investi 100 M$ dans Circle et signé un accord de cinq ans pour développer l'usage de l'USDC. Thredd a de son côté étendu sa plateforme de traitement des émetteurs à des capacités de circulation de fonds fondées sur des stablecoins.

En Europe, la BCE veut revoir le traitement des réserves

La Banque centrale européenne et les banques centrales nationales de l'Union européenne ont recommandé de supprimer l'obligation, prévue par le règlement MiCA, de détenir 30 % des réserves sous forme de dépôts bancaires — un seuil porté à 60 % pour les émetteurs significatifs. Elles proposent de la remplacer par des exigences de liquidité assises sur des actifs à maturité courte.

Le raisonnement tient au risque systémique : si les émetteurs deviennent d'énormes déposants, leurs soldes pourraient se substituer à des dépôts de particuliers relativement stables par de l'argent institutionnel susceptible de partir vite en période de tension. Une ruée sur un stablecoin pourrait alors se transformer en choc de financement pour les banques qui détiennent ses réserves.

Les banques canadiennes explorent les dépôts tokenisés

Les six plus grandes banques du Canada — BMO, CIBC, National Bank, RBC, Scotiabank et TD — ont annoncé cette semaine explorer un système permettant à des dépôts en dollars canadiens tokenisés de circuler entre institutions financières, selon un communiqué du 22 septembre. Contrairement aux stablecoins, ces dépôts tokenisés représentent des dépôts bancaires régulés hébergés sur une infrastructure blockchain : la relation économique avec le client reste inchangée, mais le mécanisme de règlement, lui, évolue.

Pour Karen Webster, CEO de PYMNTS, le gagnant de long terme pourrait bien ne pas être le stablecoin, mais le dépôt tokenisé, qui préserve la structure réglementaire et l'économie de la banque commerciale tout en apportant la programmabilité et le règlement continu associés à la monnaie blockchain.

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