« L’Afrique a besoin de passerelles commerciales concrètes »
Dans cet entretien, Mouhamed Koudo, dirigeant de CIOC TRADE, revient sur sa vision du développement des entreprises en Afrique, le rôle des partenariats de terrain et les défis de l’accès aux marchés.

Dans cet article
- Vous dirigez CIOC TRADE, une structure tournée vers le développement des affaires en Afrique. Quelle est son ambition ?
- Pourquoi est-il parfois difficile pour une entreprise de se développer sur un nouveau marché africain ?
- Quel rôle les business developers peuvent-ils jouer ?
- CIOC TRADE développe aussi des outils numériques. Comment s’articulent-ils avec cet accompagnement ?
- Vous avez également travaillé au Parlement de la CEDEAO. Cette expérience influence-t-elle votre vision ?
- Quel conseil donneriez-vous à une entreprise qui souhaite se lancer sur un nouveau marché ?
- Quel est le principal défi pour CIOC TRADE dans les prochaines années ?
- Quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises africaines ?
Vous dirigez CIOC TRADE, une structure tournée vers le développement des affaires en Afrique. Quelle est son ambition ?
Mouhamed Koudo : Notre ambition est d’aider les entreprises à avancer sur les marchés africains avec davantage de méthode et de proximité. Une entreprise peut avoir un bon produit ou un service compétitif, mais elle a souvent besoin d’informations fiables, de contacts pertinents et d’un accompagnement pour franchir les premières étapes. CIOC TRADE veut contribuer à réunir ces éléments.
Pourquoi est-il parfois difficile pour une entreprise de se développer sur un nouveau marché africain ?
Parce qu’il ne suffit pas de repérer une opportunité. Il faut comprendre le marché, ses pratiques, ses acteurs et ses exigences. Il faut aussi savoir à qui s’adresser et comment établir une relation de confiance. Sans présence locale ni préparation, les démarches peuvent prendre du temps et rester sans suite.
Quel rôle les business developers peuvent-ils jouer ?
Ils sont des relais de terrain. Ils peuvent aider à mieux qualifier un besoin, identifier des interlocuteurs et faciliter le premier contact entre une entreprise et son marché. Leur rôle ne consiste pas à promettre un résultat automatique, mais à rendre la démarche plus structurée et plus proche des réalités locales.
CIOC TRADE développe aussi des outils numériques. Comment s’articulent-ils avec cet accompagnement ?
Le numérique permet de mieux organiser l’information et de repérer des opportunités. Mais une plateforme ne remplace ni l’analyse ni la relation humaine. L’objectif est de faire travailler les deux ensemble : les outils pour orienter les recherches, et les équipes pour accompagner les démarches qui nécessitent une connaissance du terrain.
Vous avez également travaillé au Parlement de la CEDEAO. Cette expérience influence-t-elle votre vision ?
Elle m’a permis d’observer les enjeux régionaux et l’importance de la coopération entre les pays. Les échanges économiques ne se développent pas uniquement grâce aux textes ou aux infrastructures : ils ont aussi besoin d’entreprises qui se connaissent, de partenaires qui se font confiance et de projets bien préparés.
Quel conseil donneriez-vous à une entreprise qui souhaite se lancer sur un nouveau marché ?
Je lui conseillerais de commencer par une question simple : quel besoin précis son offre peut-elle satisfaire sur ce marché ? Ensuite, elle doit valider cette hypothèse, identifier les bons interlocuteurs et préparer une démarche commerciale adaptée. L’écoute et la régularité sont essentielles. Il vaut mieux avancer avec des étapes vérifiables que de se lancer sur la base d’une impression générale.
Quel est le principal défi pour CIOC TRADE dans les prochaines années ?
Continuer à construire un réseau utile et fiable, tout en améliorant la qualité de l’information et le suivi des projets. La mise en relation n’a de valeur que si elle aide réellement les entreprises à progresser. C’est cette exigence qui doit guider le développement de nos services.
Quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises africaines ?
Les marchés africains offrent de nombreuses possibilités, mais elles demandent de la préparation, de la coopération et de la persévérance. Les entreprises ont intérêt à mieux se connaître et à créer davantage de partenariats entre elles. C’est en rapprochant les compétences, les produits et les acteurs de terrain que nous pouvons faire émerger des projets solides.

