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Anthropic veut réserver 50,1 % des voix à ses sept cofondateurs

Anthropic demande à ses actionnaires d'approuver une catégorie d'actions réservée à ses sept cofondateurs, qui détiendraient 50,1 % des voix sur la plupart des décisions. Le vote devrait intervenir dans les prochains jours, selon The Information.

4 min de lectureMis à jour il y a 60 minutes
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Crédit image : jackpress / Shutterstock
Dans cet article
  1. Une classe d'actions sans valeur économique supplémentaire
  2. Le Long-Term Benefit Trust garderait la majorité du conseil
  3. Un schéma inspiré de Palantir
  4. Une cotation au Nasdaq après une valorisation à 965 Md$

Une classe d'actions sans valeur économique supplémentaire

Anthropic souhaite que ses sept cofondateurs conservent la main sur l'entreprise après son introduction en bourse. La société demande à ses actionnaires de valider une catégorie d'actions qui leur serait réservée, selon The Next Web. Le directeur général Dario Amodei et ses six associés détiendraient ainsi 50,1 % des droits de vote sur la plupart des questions de gouvernance.

D'après The Information, le scrutin des actionnaires doit se tenir « dans les prochains jours ». Ce verrou resterait en place tant qu'au moins trois des sept fondateurs conserveraient une participation minimale. Anthropic n'a pas fait de commentaire public sur ces informations.

Chacun des sept cofondateurs possède environ 2 % du capital, Dario Amodei compris, selon TechCrunch. Les nouvelles actions n'apporteraient aucun avantage économique : leur unique fonction serait de maintenir le groupe aux commandes une fois le titre coté.

Le Long-Term Benefit Trust garderait la majorité du conseil

Le dispositif ne remet pas l'ensemble du conseil d'administration aux fondateurs. Le Long-Term Benefit Trust continuerait de désigner la majorité des administrateurs, précise TechCrunch. Cette instance indépendante, créée par Anthropic pour veiller à sa mission, a accueilli en juillet l'ancien président de la Réserve fédérale Ben Bernanke.

Le nombre de sièges détenus par les fondateurs passerait de deux à trois. Les salariés disposeraient eux aussi de leur propre catégorie de titres, destinée à trancher certaines questions en cas d'égalité.

Un schéma inspiré de Palantir

The Information qualifie cette architecture de « style Palantir ». L'entreprise de data analytics s'est cotée en 2020, et ses fondateurs Alex Karp, Stephen Cohen et Peter Thiel ont conservé le contrôle des votes via des actions de classe F logées dans un trust. Ces titres dépendent également du maintien d'une participation minimale, indique le prospectus de Palantir.

« Cela donnera à ces fondateurs la capacité de contrôler jusqu'à 49,999999 % du pouvoir de vote total de notre capital social », peut-on lire dans ce document.

Les actions à droit de vote multiple sont courantes chez les fondateurs de la tech. Mark Zuckerberg contrôle Meta de cette façon, et Evan Spiegel fait de même chez Snap. Le dépôt d'introduction en bourse de SpaceX montre qu'Elon Musk et les initiés y conservent la majorité des voix. Ce qui distingue le plan d'Anthropic, c'est son caractère collectif, note TechCrunch.

Une cotation au Nasdaq après une valorisation à 965 Md$

Anthropic a retenu le Nasdaq pour sa cotation. Un tour de financement en mai l'a valorisée à 965 Md$, selon TechCrunch. La société anticipe par ailleurs un deuxième trimestre consécutif de bénéfice opérationnel ajusté.

Si les actionnaires approuvent le dispositif, le contrôle des fondateurs ne prendrait fin que lorsque moins de trois d'entre eux détiendraient la participation minimale. Aucune publication n'a précisé le niveau de ce seuil.

Les cofondateurs se sont par ailleurs engagés à reverser l'essentiel de leur fortune. Dario Amodei l'a annoncé en janvier dans un essai consacré aux risques de l'IA, dans une partie traitant de la concentration du pouvoir économique.

« Tous les cofondateurs d'Anthropic se sont engagés à donner 80 % de notre richesse », a-t-il écrit.

« Ce qu'il faut craindre, c'est un niveau de concentration de la richesse qui brisera la société », ajoute-t-il dans le même texte.

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