Anthropic dépose son S-1 : 16,3 Md$ de revenus au premier semestre
Anthropic a déposé un document S-1 de 335 pages en vue de ce qui pourrait être la plus grande introduction en bourse jamais réalisée. Le dossier révèle une croissance des revenus de 16,3 Md$ au premier semestre 2026, mais aussi une perte nette de 80 Md$.

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Anthropic a rendu public un dossier d'introduction en bourse de 335 pages, rapporte Crunchbase News. Le document, déposé sous la forme d'un S-1, précède ce qui pourrait devenir la plus importante cotation jamais enregistrée et détaille les résultats, la croissance, l'actionnariat et les risques de l'entreprise d'intelligence artificielle.
Des revenus multipliés par quatorze en un an
Sur le premier semestre de cette année, Anthropic déclare 16,3 Md$ de revenus, soit quatorze fois le niveau de la même période en 2025. Le document ne contient pas de prévision pour le second semestre. Reuters rapporte toutefois, en citant des analystes ayant rencontré des dirigeants de l'entreprise, qu'Anthropic pourrait atteindre un rythme annualisé de 110 Md$ de revenus d'ici la fin de l'année.
Une perte nette de 80 Md$ au premier semestre
La croissance ne s'accompagne pas encore de rentabilité. La perte d'exploitation du premier semestre 2026 s'élève à 693 M$, en recul d'environ deux tiers sur un an. La perte nette atteint en revanche 80 Md$, dont près de 90 % proviennent de ce que le dossier nomme une « variation de la juste valeur des obligations convertibles, des passifs dérivés et des SAFE ».
Sept fondateurs au capital quasi identique
Le S-1 indique que chacun des sept fondateurs détient entre 230 000 et 246 000 actions de classe A. Cette répartition tranche avec les prospectus habituels, où le directeur général fondateur conserve une part nettement supérieure à celle de ses cofondateurs. Les fondateurs sont Dario Amodei, Daniela Amodei, Tom Brown, Jack Clark, Jared Kaplan, Sam McCandlish et Christopher Olah.
93 pages consacrées aux facteurs de risque
Le prospectus consacre 93 pages aux facteurs de risque, de la page 27 à la page 120. Certains sont conventionnels : l'entreprise craint qu'une croissance plus lente ne limite sa capacité à financer le développement d'une IA de pointe et à attirer les meilleurs profils. Ayant déjà contracté une dette importante, elle s'interroge aussi sur sa capacité à honorer ses échéances tout en couvrant ses coûts d'exploitation.
D'autres risques sortent de l'ordinaire, à commencer par les agents d'IA incontrôlés. Le document souligne que « les futurs modèles devraient démontrer des capacités susceptibles d'apporter une aide significative à des acteurs malveillants cherchant à mettre au point des armes chimiques, biologiques ou d'autres armes dangereuses ».
