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Medikea lève 1,2 M$ en pre-seed pour son réseau de santé intégré

La healthtech tanzanienne Medikea a bouclé un tour de pre-seed de 1,2 M$ auprès d'une dizaine d'investisseurs, selon TechCabal. L'entreprise, qui combine téléconsultation, cliniques, laboratoires et pharmacies, porte son réseau à quatre établissements en Tanzanie.

4 min de lectureMis à jour il y a 12 minutes
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Crédit image : Medikea
Dans cet article
  1. Deux nouvelles cliniques à Arusha et Morogoro
  2. Un parcours de soins entièrement détenu
  3. Revenus à l'acte et abonnements

La healthtech tanzanienne Medikea a réuni 1,2 M$ en pre-seed, selon TechCabal. Le tour a mobilisé Baobab Network, Catalyst Fund, develoPPP Ventures, Madica, Impacc, Hustle Fund, O'Shaughnessy Ventures, Madiro, la Boehringer Ingelheim Foundation et un investisseur providentiel non identifié.

Cette opération intervient dans un contexte peu favorable au financement des jeunes pousses de santé sur le continent. Les entreprises du secteur n'ont capté que 18 M$, soit 1,3 % des 1,44 Md$ levés par les startups africaines au premier semestre 2026.

Deux nouvelles cliniques à Arusha et Morogoro

Une partie des fonds est déjà engagée. Medikea a ouvert deux établissements supplémentaires, à Arusha et Morogoro, ce qui porte son réseau à quatre cliniques réparties sur le territoire tanzanien.

Le solde financera la prochaine phase de croissance : ouverture de nouveaux sites, recrutements stratégiques, développement technologique et produit, opérations, ventes et marketing.

Un parcours de soins entièrement détenu

Fondée en 2022 par le Dr Elvis Silayo et une équipe de médecins et d'ingénieurs logiciels, Medikea est partie d'un constat simple : l'accès numérique ne suffit pas si le patient doit ensuite circuler entre plusieurs structures selon son besoin. Le soin privé, lui, reste hors de portée de nombreuses personnes qui paient de leur poche.

L'entreprise a donc bâti un système de soins qu'elle qualifie de technologique de bout en bout. Le patient consulte un médecin à distance via l'application, se rend dans une clinique lorsque l'examen est nécessaire, réalise ses analyses dans le laboratoire du groupe, retire son ordonnance à la pharmacie, puis revient en téléconsultation pour le suivi. Le dossier médical électronique relie ces étapes et suit l'historique du patient.

Medikea propose également des consultations spécialisées en pédiatrie, santé des femmes, dermatologie, fertilité et prise en charge des maladies chroniques.

« Si vous empilez de la technologie sur un système défaillant, vous numérisez l'inefficacité. Vous héritez des coûts et des problèmes de qualité de quelqu'un d'autre, et vous ne pouvez pas passer à l'échelle », a déclaré le Dr Elvis Silayo, cofondateur et directeur général, dans un communiqué.

Un modèle plus gourmand en capital

Contrairement aux plateformes de santé purement numériques, Medikea exploite lui-même cliniques, laboratoires et pharmacies. Un choix assumé, plus coûteux, que l'entreprise juge plus rentable à mesure qu'elle grandit.

« Les deux canaux ont des coûts différents, et les combiner nous permet d'utiliser chacun là où c'est le plus pertinent », a expliqué Silayo à TechCabal. « La clinique est l'endroit où la confiance se construit et où se font les examens, les tests et les procédures. Le soin virtuel facilite le suivi, coûte moins cher à délivrer et permet à chaque clinique de servir des patients bien au-delà de ses murs. »

Ce positionnement place Medikea face à des acteurs tanzaniens du numérique en santé comme TanzMED, AfyaCall et LyfPlus, mais aussi face aux cliniques classiques. En Afrique, Rocket Health en Ouganda et Zuri Health au Kenya poursuivent une approche comparable.

Revenus à l'acte et abonnements

La société facture à l'acte les consultations, les services spécialisés, les diagnostics et les produits pharmaceutiques. Elle propose en parallèle des abonnements destinés aux patients nécessitant un suivi régulier, à commencer par la gestion des maladies chroniques.

Medikea revendique plus de 50 000 patients servis depuis ses débuts et une équipe clinique de plus de 40 personnes. L'objectif affiché : dépasser les 100 000 patients dans les douze prochains mois et passer de quatre à dix cliniques en Tanzanie d'ici fin 2027, avant de viser d'autres marchés de la région.

« Notre plus grande leçon, c'est que de bons médecins et une application pratique ne suffisent pas. Tout le parcours doit fonctionner ensemble », a ajouté Silayo. « Nous n'ouvrons pas simplement davantage de cliniques. Nous répliquons un modèle où la technologie, les équipes cliniques et les infrastructures travaillent ensemble autour du patient. »

La croissance passera par l'ouverture et l'exploitation de ses propres établissements, sans exclure le rachat de structures existantes. L'entreprise entend d'abord démontrer la viabilité de son modèle en Tanzanie avant de s'implanter ailleurs.

« Notre but n'est pas d'entrer dans le plus de pays possible le plus vite possible », a précisé son dirigeant. « C'est de construire un modèle qui fonctionne en Tanzanie, puis de le répliquer de façon sélective là où il peut faire une vraie différence. »

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