Angola Cables modernise ses câbles Monet et Sacs avec Ciena
Angola Cables va moderniser les deux câbles sous-marins qui relient l'Afrique au Brésil et aux États-Unis avec des équipements du fournisseur américain Ciena, selon TechCentral. L'objectif : transporter davantage de trafic pour les fournisseurs de cloud et les acteurs de l'IA, sans poser de nouvelle fibre.

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Aucune nouvelle fibre posée sur le fond de l'océan
Angola Cables a retenu le fournisseur américain de réseaux Ciena pour moderniser les deux systèmes sous-marins qui relient l'Afrique au Brésil et aux États-Unis, rapporte TechCentral. Les travaux portent sur Monet et Sacs, avec pour but d'absorber un trafic plus important de la part des fournisseurs de cloud et des entreprises d'intelligence artificielle.
Aucun montant de contrat ni calendrier d'achèvement n'a été communiqué par les deux sociétés. Aucun nouveau câble ne sera immergé : l'opérateur installera du matériel Ciena, dont des équipements Waveserver exploitant la technologie optique WaveLogic 6 Extreme, aux extrémités de la fibre existante. Le même verre posé au fond de la mer pourra ainsi transporter davantage de données.
Sacs et Monet, deux infrastructures détenues différemment
Le South Atlantic Cable System (Sacs) appartient entièrement à Angola Cables. Long de 6 165 km, il relie Sangano, sur la côte angolaise, à Fortaleza, dans le nord-est du Brésil, et fonctionne depuis septembre 2018. Il s'agit du premier système transatlantique à traverser l'hémisphère sud.
Monet, un système de 10 556 km, relie Boca Raton en Floride à Fortaleza ainsi qu'à Praia Grande, près de Santos, dans l'État de São Paulo. Angola Cables le détient conjointement avec Google, l'opérateur brésilien Algar Telecom et l'uruguayen Antel ; il est en service depuis la fin de l'année 2017. Les deux câbles se rejoignent à Fortaleza et acheminent, ensemble, les données entre l'Angola et les États-Unis en environ 130 ms, selon les entreprises.
Des liaisons à 800 Gbit/s réservées à Monet
La principale évolution concerne Monet, qui prendra en charge des connexions clients à 800 Gbit/s, c'est-à-dire les liens individuels vendus aux utilisateurs. Les deux partenaires indiquent que la mise à niveau rendra aussi la capacité plus souple sur les deux câbles, mais les liaisons à 800 Gbit/s ne concernent que Monet. Ciena précise que les clients pourront acheter depuis un simple lien de 100 Gbit/s jusqu'à une paire de fibres complète.
« Nos systèmes de câbles sous-marins constituent un pont numérique essentiel entre l'Afrique et les Amériques, offrant une route diversifiée et sécurisée entre ces continents, alors que la demande des hyperscalers et des fournisseurs de cloud continue de s'accélérer », a déclaré le directeur technique d'Angola Cables, Adriano Caldevilla, dans un communiqué.
« La demande pour l'IA, les services cloud et les applications numériques accélère le besoin de réseaux plus intelligents et de plus grande capacité », a pour sa part affirmé Fernando Capella, directeur régional de Ciena.
Un partenariat entamé en 2017 et un intérêt pour l'Afrique du Sud
La relation entre les deux groupes remonte à 2017, année où Angola Cables avait choisi Ciena comme fournisseur technologique pour Monet. En 2021, l'opérateur avait ajouté 2,2 Tbit/s de capacité aux segments de Monet reliant Miami, Fortaleza et São Paulo, grâce à la technologie WaveLogic Ai de Ciena.
Angola Cables est également partie prenante du West Africa Cable System (Wacs), qui débarque à Yzerfontein, sur la côte ouest de l'Afrique du Sud. Cette position offre au trafic sud-africain une route vers les Amériques passant par l'Angola et le Brésil plutôt que par l'Europe. Ce trafic traverse l'Atlantique via Sacs : il bénéficiera donc de la capacité supplémentaire et plus flexible, et non des liaisons à 800 Gbit/s, limitées au tronçon Brésil–États-Unis qu'est Monet.
Lors du lancement de Sacs, TechCentral rapportait la projection d'Angola Cables d'une réduction de la latence entre Le Cap et Miami, ramenée de 338 ms à 163 ms. La route a déjà démontré son utilité en situation de crise : en mars 2024, des ruptures au large de la Côte d'Ivoire avaient mis hors service le Wacs et d'autres câbles de la côte ouest, perturbant les services internet en Afrique du Sud. Ces coupures avaient été attribuées à un probable événement sismique sous-marin, et une grande partie du trafic avait été rapidement redirigée vers d'autres câbles, dont le système Equiano de Google et Sacs.


