Reco lève 55 M$ pour sécuriser les agents IA en entreprise
La startup israélienne Reco a levé 55 M$ pour étendre sa plateforme de sécurisation des agents IA déployés en entreprise, un an après une série B de 30 M$. Le marché de la sécurité des agents se densifie, avec au moins une vingtaine de fournisseurs recensés sur les bases de données publiques.

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Reco double sa série B pour sécuriser les agents IA
La startup de cybersécurité Reco a annoncé mardi une levée de 55 M$, selon TechCrunch, qui s'ajoute aux 30 M$ de sa série B bouclée en février. L'opération porte le total des fonds levés par l'entreprise à 140 M$. AT&T, client de Reco, a participé via son fonds d'investissement, aux côtés de Forestay et Quadrille Capital.
Fondée par Ofer Klein, qui en assure la direction générale, Reco vendait jusqu'à l'an dernier des logiciels de cartographie et de sécurisation des applications SaaS et des plateformes d'IA. L'entreprise s'est repositionnée sur une offre plus large, articulée autour d'un graphe de contexte qui relie les agents aux applications, aux personnes, aux comptes et aux autorisations. Objectif : permettre aux équipes de sécurité de visualiser ce qu'un agent peut atteindre et de couper les accès superflus.
Des déploiements d'agents qui échappent aux inventaires
Selon Ofer Klein, le facteur déclencheur de cette réorientation est la vitesse à laquelle les entreprises construisent et déploient des agents, sans parvenir à en tenir l'inventaire. Chez un client du Fortune 100, la plateforme de Reco a détecté 21 000 agents que l'entreprise ignorait. Chez un grand acteur des services financiers, l'entreprise affirme avoir identifié un agent créé par un ancien salarié, capable d'accéder à Salesforce et de transmettre ces données à un domaine invisible pour la société.
« La demande du marché pour la sécurité des agents ne porte pas seulement sur l'agent lui-même ; elle concerne l'ensemble de l'écosystème, de bout en bout », a déclaré Ofer Klein à TechCrunch.
D'autres éditeurs documentent des situations comparables. La startup HiddenLayer, par la voix de son cofondateur et directeur général Chris Sestito, indiquait ce mois-ci que plus de 50 de ses clients exploitent des agents en production connectés à des systèmes critiques et à des actifs sensibles, et que les coûts comme les risques changent d'échelle rapidement une fois ce stade atteint. Cymphony, autre acteur du secteur, affirme avoir relevé chez une société cotée américaine environ 85 000 fichiers devenus accessibles à des outils et agents d'IA.
Un marché encombré de promesses similaires
Les profils publics sur Crunchbase et PitchBook recensent au moins deux douzaines d'entreprises vendant une forme de sécurité pour agents IA. Certaines vérifient les outils utilisés par les agents, d'autres cherchent à contrôler les données auxquelles ils accèdent. Des acteurs comme CrowdStrike développent des contrôles de détection et de réponse sur les appareils où tournent les agents, tandis que d'autres se concentrent sur la détection des usages d'IA non autorisés. Les produits diffèrent, mais les promesses — graphes de connaissances, surveillance continue, sécurité à l'exécution, validation des accès aux outils et des serveurs MCP — se ressemblent fortement.
Le pari des intégrations existantes
Reco mise sur sa couverture des applications SaaS, et des agents que celles-ci proposent de plus en plus, pour se distinguer. La plateforme s'intègre à plus de 280 applications, et Ofer Klein indique que de nouvelles intégrations peuvent être ajoutées en quelques jours. Elle s'appuie sur des signaux issus du navigateur et du réseau pour repérer les agents hors des applications connectées directement, et propose des contrôles pour inspecter les requêtes et les appels d'outils.
Valorisation et revenus
Ofer Klein affirme que la valorisation de Reco a « plus que doublé » depuis l'annonce initiale de la série B en février, sans donner de chiffre précis, l'estimant vaguement dans la « centaine de millions haute ». Le revenu récurrent annuel se situe dans les « dizaines de millions de dollars », selon lui, et devrait tripler cette année. L'entreprise revendique plus de 100 clients, dont environ 40 % dans les services financiers.
Les fonds levés financeront le recrutement, les ventes, les partenariats et le support client.


