Moca Chain lance son mainnet pour l'identité des agents IA
Moca Network, le projet d'identité numérique d'Animoca Brands, a lancé le mainnet de Moca Chain, une blockchain conçue pour vérifier l'identité des utilisateurs et de leurs agents IA. La couche d'intégration AIR permet aux entreprises de convertir leurs vérifications clients en justificatifs infalsifiables et de contrôler les autorisations accordées aux agents.

Dans cet article
Une blockchain pensée pour l'identité dès l'origine
Les agents d'intelligence artificielle ne se contentent plus de répondre à des questions : ils réservent des voyages, souscrivent à des services et agissent de plus en plus au nom de leurs utilisateurs. Se pose alors une question pratique pour les entreprises : à qui cet agent appartient-il, et jusqu'où va son autorisation ? Moca Network, le projet d'identité numérique d'Animoca Brands, avance une réponse avec le lancement du mainnet de Moca Chain, une blockchain dédiée à l'identité numérique, selon The Next Web. Le projet est mené avec la Moca Foundation.
Les systèmes d'identité actuels ont été conçus pour des personnes : création de compte, transmission de données personnelles, connexion, puis autorisations accordées plateforme par plateforme. La vérification se répète à chaque service, et des copies de données se dispersent un peu partout. Avec les agents, le phénomène s'amplifie : un même agent peut passer d'un service à l'autre pour le compte d'un seul individu, et chaque entreprise doit savoir qui se trouve derrière lui et où s'arrête son mandat.
Des justificatifs détenus par l'utilisateur
Moca Chain intègre l'identité dès sa conception, plutôt que de greffer ces fonctions sur une chaîne généraliste. Les organisations — banques et plateformes financières, opérateurs télécoms, distributeurs, services de billetterie — peuvent vérifier les données d'un utilisateur et émettre des justificatifs infalsifiables sur la chaîne. L'utilisateur conserve ces justificatifs et choisit où les partager.
Lorsqu'une application doit contrôler un élément, comme le passage d'un KYC ou la détention d'une adhésion, elle reçoit une confirmation certifiée numériquement au lieu d'une copie des documents. Si un justificatif est mis à jour ou révoqué, la modification se répercute sur l'ensemble du réseau : chaque application connectée en est informée sans nouvelle transmission de la part de l'utilisateur.
AIR, point d'entrée unique pour les entreprises
En parallèle du lancement, Moca Network concentre ses efforts sur AIR, sa couche d'intégration pour l'identité, les paiements et la fidélisation. Bâtie sur Moca Chain, elle continue d'intégrer des partenaires dans les domaines de l'entreprise, des infrastructures et de la donnée. Elle offre aux sociétés un point d'intégration unique pour l'enrôlement des utilisateurs et de leurs agents IA.
Le dispositif fonctionne dans les deux sens. Une entreprise peut transformer les contrôles clients qu'elle réalise déjà en justificatifs sur Moca Chain. Elle peut aussi accepter des justificatifs émis par des partenaires de confiance pour accélérer les inscriptions et ouvrir l'accès sur la base de données vérifiées. Conséquence : les entreprises peuvent partager ce qu'elles savent d'un client sans stocker elles-mêmes autant d'informations personnelles.
Définir les permissions d'un agent
AIR étend ce mécanisme aux agents IA : l'utilisateur fixe leurs permissions et leurs règles d'autorisation. Avant d'accorder à un agent un accès, un tarif, un service ou une offre, une entreprise peut vérifier l'agent et son propriétaire humain, ainsi que l'étendue de ce qu'il est autorisé à faire. Un agent peut ainsi prouver qu'il est habilité à réaliser un achat donné sans que l'utilisateur ait à exposer à répétition les données personnelles qui sous-tendent cette autorisation.
L'enjeu dépasse la seule capacité technique de l'IA. « Le cadre de confiance pour la délégation et l'autorité fait défaut », estime Kenneth Shek, directeur général de Moca Network, qui souligne que les plateformes ont souvent sacrifié la vie privée des utilisateurs pour faire fonctionner l'automatisation par agents. La réponse d'AIR repose sur des permissions délimitées et définies par l'utilisateur, plutôt que sur un accès global à ses données ou à ses comptes.
L'autorisation devient ainsi beaucoup plus fine : un agent peut être limité à la réservation d'hôtels dans un budget donné, à certains services, ou à l'usage d'attributs vérifiés sans révéler les données sous-jacentes. Ces permissions peuvent être retirées lorsqu'elles ne sont plus nécessaires.
Les partenaires déjà présents
Moca lance son mainnet avec des partenaires déjà engagés dans les plateformes grand public, la fintech, les programmes de fidélité et le commerce agentique : SK Planet, Biletinial, Oyunfor, Open Campus, OneFootball, Automobili Lamborghini, Inveo Kripto, Plume et Nansen.
Yat Siu, cofondateur et président exécutif d'Animoca Brands, considère que le modèle actuel ne fait pas seulement perdre du temps aux utilisateurs : il les enferme dans les plateformes où ils sont déjà vérifiés, ce qui complique la conquête de ces clients par des marchands et fournisseurs concurrents.
Si les agents deviennent le mode principal d'interaction avec les services en ligne, l'identité et l'autorisation devront fonctionner comme une infrastructure de base d'internet : portables d'une application à l'autre, vérifiables par différentes organisations, respectueuses de la vie privée et faciles à mettre à jour ou à révoquer. Des décennies ont été consacrées à prouver qu'un humain peut accéder à un compte ; il s'agit désormais de prouver qu'un logiciel agit pour la bonne personne, avec les bonnes permissions, au bon moment.


