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Google, Microsoft, OpenAI et Anthropic adoptent un opt-out commun pour l'IA

Quatre grands acteurs de l'IA s'engagent à respecter un même signal de refus inscrit dans le fichier robots.txt, évitant aux éditeurs d'écrire une règle par robot. Le dispositif repose sur un brouillon soumis à l'IETF, sans valeur normative à ce stade.

4 min de lectureMis à jour il y a 6 minutes
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Crédit image : Ofspace LLC on Unsplash
Dans cet article
  1. Un jeton unique à la place de règles multiples
  2. Calendriers distincts chez les quatre acteurs
  3. Les éditeurs continuent de réclamer un paiement

Un jeton unique à la place de règles multiples

Les sites qui refusent de nourrir les modèles génératifs devront bientôt poser un seul geste, et non plus une série de règles propres à chaque robot. Google, Microsoft, OpenAI et Anthropic se sont engagés à honorer un même signal de refus, rapporte The Next Web. Le mécanisme s'appuie sur robots.txt, le fichier que les éditeurs utilisent déjà pour indiquer aux robots ce qu'ils peuvent parcourir.

Le signal provient d'un brouillon déposé auprès de l'IETF par Kevin Kelley, d'Anthropic, et publié un vendredi. Le même jour, Google, OpenAI et Microsoft ont annoncé leur soutien. Kelley a présenté le texte sur la liste de diffusion de l'IETF consacrée aux préférences en matière d'IA.

Comment fonctionne le dispositif

Le site ajoute un groupe dédié à un nouveau jeton de politique, _usageai-training, puis énumère les chemins qu'il ne souhaite pas voir servir à l'entraînement. L'exemple du brouillon bloque un site entier à l'exception de son kit presse.

« Les éditeurs ne devraient pas avoir à choisir entre être visibles sur Bing et décider de l'usage de leur travail par les modèles génératifs », écrit Krishna Madhavan, chef de produit principal chez Microsoft Bing.

Calendriers distincts chez les quatre acteurs

Anthropic a déjà entamé le travail, selon Kelley, qui précise que ce dispositif viendra compléter les contrôles de robots existants de l'entreprise plutôt que les remplacer. « Il nous faudra un certain temps pour ajouter la prise en charge sur l'ensemble de nos services et traiter les complications et cas limites inévitables que nous ne manquerons pas de découvrir », écrit-il.

OpenAI vise une mise en œuvre « dans les mois à venir », ses contrôles actuels comme GPTBot restant applicables. Google annonce une prise en charge en 2027, sa documentation évoquant le début de 2027. Si un site active le jeton sans mentionner Google-Extended, le contrôle maison de Google, le groupe traitera cela comme un blocage de Google-Extended. Les sites qui l'autorisent peuvent apparaître dans les réponses de l'application Gemini et y générer des clics, selon John Mueller, Search Advocate chez Google.

Microsoft appliquera les nouvelles préférences à partir du 1er février 2027. Elles remplaceront les balises NoArchive et NoCache utilisées depuis 2023. L'éditeur ajoute par ailleurs un réglage au niveau de la page pour le grounding, lorsque la réponse d'une IA s'appuie sur une page web en direct : une option autorise ses propres produits, comme Copilot, tout en bloquant les services de grounding qu'il vend à d'autres entreprises.

Un signal de préférence, pas une consigne technique

Le brouillon précise que le jeton exprime une préférence sur l'usage des contenus, et non un ordre relatif au parcours. Un site dépourvu d'un tel groupe n'exprime aucune préférence, et les règles existantes valables pour tous les robots ne comptent pas. Des accords privés entre un éditeur et une entreprise d'IA peuvent primer.

Le texte reste une soumission individuelle : le datatracker de l'IETF indique que l'organisation ne l'a pas approuvé et qu'il n'a aucune valeur formelle dans le processus de normalisation. Microsoft souligne que ces préférences « n'établissent pas d'accords de licence ou de paiement ». Bloquer le grounding d'IA « réduira significativement la visibilité de votre contenu dans les expériences générées par IA », ajoute l'entreprise, sans modifier le classement d'une page dans les résultats de Bing.

Les éditeurs continuent de réclamer un paiement

Andy Stone, responsable de la communication de Meta, s'est prononcé en faveur d'un signal commun sur X, selon The Verge, sans préciser si Meta l'honorerait. Google estime que la proposition est cohérente avec le Code de bonnes pratiques de l'UE pour l'IA à usage général prévu par l'AI Act, qui reconnaît robots.txt comme un moyen majeur pour les éditeurs d'exprimer des préférences lisibles par machine. Le brouillon remercie notamment des personnels du Financial Times, de la BBC, de Bertelsmann et du Conseil européen des éditeurs.

La question du paiement reste toutefois posée. En juillet, Cloudflare a enjoint aux robots d'IA de payer ou d'être bloqués, son dirigeant avertissant que ces robots pourraient atteindre 1 000 fois le trafic humain. En Australie, l'ABC et SBS demandent aux entreprises d'IA de rémunérer les médias.

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