CredPal lance Atom, plateforme d'investissement adossée au crédit
La fintech nigériane CredPal lance Atom, une plateforme qui permet d'acheter et de négocier actions nigérianes, actifs numériques et titres américains. L'entreprise, qui dit avoir décaissé plus de 100 M$ de crédit, ajoute des prêts adossés aux portefeuilles et une offre d'infrastructure pour les institutions.

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Une plateforme d'investissement en deux volets
CredPal, spécialiste nigérian du paiement fractionné, franchit une étape en lançant Atom, une plateforme d'investissement destinée aux investisseurs africains, selon Condia. Elle permettra d'acquérir, de conserver et d'échanger des actions nigérianes, des actifs numériques et des titres américains.
Atom fonctionnera en parallèle de l'activité de crédit historique de l'entreprise, qui affirme avoir distribué plus de 100 M$ de financements. CredPal n'a pas précisé le nombre de clients ayant effectivement obtenu un crédit via sa plateforme.
Fondée en 2018, la société permet de régler un achat en quatre échéances. Elle a rejoint Y Combinator en 2019 et sa dernière levée, en 2022, a atteint 15 M$ en dette et en fonds propres.
Le lancement s'articule autour de deux produits. Atom Retail donne aux particuliers accès à plus de 300 actifs numériques, ainsi qu'aux actions nigérianes et américaines. Atom Business vise les fintechs, banques, gestionnaires de patrimoine et plateformes d'investissement, avec des API et une infrastructure en marque blanche couvrant l'intelligence de marché, la négociation, la gestion de portefeuille et la liquidité adossée à des actifs.
Des prêts garantis par les titres détenus
Le projet prévoit d'accorder des crédits garantis par les valeurs conservées sur la plateforme. Ce volet s'appuie sur l'infrastructure et l'expérience acquises par CredPal dans le paiement fractionné, mais expose le prêteur à un risque différent : la valeur du collatéral varie avec le marché. Une chute brutale d'une action ou d'un actif numérique peut laisser une garantie insuffisante pour recouvrer un prêt en cours.
« Nous gérons le risque par des règles d'éligibilité, des ratios prêt-valeur prudents, une surveillance continue du collatéral et des mécanismes de liquidation clairs », assure Fehintolu Olaogun, directeur général de CredPal.
Le dispositif doit permettre aux investisseurs d'obtenir de la liquidité sans céder leurs positions. Pour l'entreprise, il ouvre une source de revenus de crédit auprès de clients qui n'ont pas forcément besoin d'un paiement fractionné. Sa réussite dépendra toutefois de la gestion d'un collatéral volatil, des défauts et de la rapidité des liquidations en cas d'impayé.
L'infrastructure comme canal de distribution
Atom Business mise sur les institutions qui veulent proposer des services d'investissement sans développer leur propre technologie. Olorunfemi Jegede, directeur des opérations d'Atom, estime que l'intérêt croissant pour les opportunités d'investissement au Nigeria, dont l'introduction en bourse de Dangote Refinery, pourrait soutenir la demande.
« La plupart des plateformes ne devraient pas avoir à tout construire elles-mêmes. Atom Business leur fournit cette infrastructure », affirme-t-il.
Cette approche interentreprises peut peser dans la croissance d'Atom : plutôt que de dépendre uniquement de l'acquisition d'investisseurs particuliers, la société peut diffuser ses services via des acteurs disposant déjà d'une clientèle établie.
Un contexte difficile pour le paiement fractionné
L'élargissement de CredPal s'inscrit dans un mouvement plus large de fintechs nigérianes qui étendent leur offre : Grey a récemment lancé Paycheck, tandis que Paystack et Flutterwave ont dépassé les paiements pour aller vers la banque d'entreprise et le crédit.
Le modèle du paiement fractionné connaît néanmoins des difficultés structurelles. Faute de dépôts, nombre de jeunes pousses doivent financer leurs crédits via des institutions financières, des prêteurs spécialisés ou des particuliers fortunés, ce qui renchérit le coût du capital en cas de défaut ou d'allongement des remboursements.
Certaines ont fermé ou quitté le marché. Klump a annoncé sa cessation d'activité la même semaine, et Carbon Zero, produit de paiement fractionné de Carbon, a également été retiré. Les banques, de leur côté, multiplient les offres d'échelonnement : FCMB, qui a participé à la composante dette du dernier tour de CredPal, FirstBank, Wema Bank et Stanbic IBTC. Elles disposent d'un avantage : des dépôts moins coûteux, des relations bancaires existantes et des données de transaction utiles à l'évaluation du risque.
Atom devra pour sa part gagner la confiance des investisseurs, démontrer la fiabilité de son infrastructure de négociation et de conservation, et se conformer aux règles applicables aux différentes classes d'actifs proposées. La différenciation reste en suspens : plusieurs plateformes offrent déjà des combinaisons d'actions locales et internationales et d'actifs numériques.