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SlowCo lance Paddle Pals et des soirées pour les fondateurs de Lagos

Le club social SlowCo organise à Lagos des tournois de padel et des soirées privées réservés aux fondateurs et opérateurs du numérique, sans objectif de networking. Son dirigeant, Victor Onwe, veut y installer des espaces où l'on ne vient ni chercher un investisseur ni un client.

4 min de lectureMis à jour il y a 9 minutes
Les finalistes de Paddle Pals organisé par SlowCo
Dans cet article
  1. Deux vendredis sans question sur votre métier
  2. Un « troisième lieu » absent de la ville
  3. D'un fil sur X à un club structuré
  4. Un modèle encore à valider

Deux vendredis sans question sur votre métier

À Ikoyi puis dans un salon de Lekki, SlowCo a réuni à deux reprises, en septembre, des dirigeants de l'écosystème tech nigérian. Le principe affiché : aucune présentation, aucune carte de visite, aucune question sur l'activité professionnelle des participants. Selon Technext, qui a assisté aux deux soirées, cette règle change la nature des échanges dans un milieu où la question « que faites-vous ? » sert habituellement à évaluer l'interlocuteur.

Le premier rendez-vous, baptisé Paddle Pals, s'est tenu le 11 septembre sur les courts de Padel X. Le second, une soirée privée limitée à quarante fondateurs et opérateurs, a eu lieu le 25 septembre.

Un « troisième lieu » absent de la ville

Le constat de départ est simple : à Lagos, les cafés servent de bureaux partagés, les dîners du week-end deviennent des réunions de stratégie et les salles de sport résonnent parfois de négociations. L'espace qui n'est ni le domicile ni le bureau — ce que la sociologie appelle le troisième lieu — s'est raréfié.

Les conséquences sont documentées. Une enquête de Flourish Ventures menée auprès de 169 fondateurs dans 13 pays africains, publiée en novembre 2024, relevait que 86 % d'entre eux avaient traversé des difficultés de santé mentale liées à la direction de leur entreprise, 60 % de l'anxiété, 58 % un stress élevé et 52 % un épuisement professionnel. Parmi ceux qui jugeaient leur société en bonne santé, 76 % déclaraient tout de même que leur bien-être en avait souffert.

D'un fil sur X à un club structuré

L'origine de SlowCo n'a rien d'un plan stratégique. Le patron de Nomba, Wale Yinka, a demandé sur X qui, dans l'écosystème, pratiquait les sports de raquette. Josh Chibueze (PiggyVest), Victor Fatanmi (Fourth Canvas) et Aubrey Niederhoffer (Swoop) ont répondu dans le fil. SlowCo, club social fondé autour de la formule « Life, Handled », a repris l'idée et organisé les rencontres.

« Tout le monde construit, pitche, investit, crée et résout des problèmes en permanence », a expliqué à Technext le directeur général de SlowCo, Victor Onwe. « Nous voulions créer des espaces où les gens pouvaient poser tout cela pendant quelques heures. Vous n'êtes pas obligé de venir chercher votre prochain investisseur ou client. Vous pouvez simplement venir passer un bon moment. »

Padel sans étiquette

Sur les courts, les participants étaient appariés par tirage, sans que leur fonction soit mentionnée. Un développeur junior s'est retrouvé face à un dirigeant connu sans la raideur qu'imposerait une salle de conseil ; un fondateur a joué contre un investisseur sans connaître son portefeuille. Des binômes qui ne se seraient pas abordés lors d'un cocktail ont dû coordonner leurs échanges pour gagner.

Pop-up de vendeurs puis jeux de société

La soirée du 25 septembre reposait sur deux temps. De 18 h à 20 h, un marché éphémère permettait à des membres de la communauté de présenter les produits qu'ils vendent en parallèle de leur activité, sans présentation formelle. À 20 h, la maison basculait dans les Founder Games : jeux de société, cartes, parties de PS5 et un fauteuil où les invités racontaient des épisodes que leurs profils LinkedIn ne laissent pas deviner.

Un modèle encore à valider

SlowCo veut aller plus loin : une plateforme d'adhésion organisant des expériences bimensuelles autour du bien-être, du sport, de la gastronomie, de la culture et des rencontres sociales, afin de faire exister des cercles différents des réseaux professionnels habituels. La viabilité commerciale de ce modèle reste une question ouverte.

Rien n'interdit que des transactions naissent de ces soirées : quarante personnes qualifiées dans une même pièce produisent des occasions. Mais l'ordre est inversé par rapport aux usages du secteur — la relation d'abord, l'évaluation professionnelle ensuite, si elle vient.

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