Roqqu veut tokeniser les actions nigérianes d'ici 2027
La plateforme d'échange de cryptomonnaies Roqqu veut mettre les actions nigérianes sur blockchain afin de les rendre accessibles à des investisseurs étrangers éligibles, d'après TechCabal. Le produit, encore en discussion avec les régulateurs, n'a ni partenaires institutionnels nommés ni calendrier de lancement confirmé.

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Un pont entre la NGX et les investisseurs étrangers
Lorsque la raffinerie Dangote a commencé à vendre des actions en septembre, les Nigérians pouvaient souscrire via des dizaines de banques et d'applications d'investissement, à partir de 5 250 nairas (3,96 $) pour dix unités, selon TechCabal. Ailleurs sur le continent, les options étaient plus rares : l'offre de 1,6 Md $ n'était enregistrée qu'au Nigeria, ce qui laissait les acheteurs kényans ou botswanais dépendants de leurs propres règles boursières et d'une distribution limitée.
C'est ce vide que Roqqu entend occuper. La plateforme d'échange de cryptomonnaies d'origine nigériane veut inscrire les actions locales sur des réseaux blockchain et les rendre accessibles à des investisseurs éligibles à l'étranger. Elle propose déjà à ses utilisateurs des actions américaines tokenisées via Ondo Finance, une société basée aux États-Unis qui émet des jetons adossés à des titres cotés. Roqqu veut désormais inverser le flux.
Le rôle de Roqqu : infrastructure, pas substitution
Emmanuel Peter, responsable du trading et des marchés chez Roqqu, présente l'entreprise comme une couche de distribution, et non comme un substitut au Nigerian Exchange (NGX). Le schéma envisagé repose sur des courtiers existants qui achètent les titres, des dépositaires agréés qui les conservent, et Roqqu qui fournit l'infrastructure d'émission des jetons correspondants. D'autres plateformes de cryptomonnaies pourraient à terme distribuer ces mêmes jetons, élargissant l'accès au-delà de la clientèle de Roqqu.
Roimot Ibitoye, directrice de la conformité de l'entreprise, indique que chaque jeton serait adossé à des actions détenues en conservation, avec des contrôles réguliers destinés à empêcher toute émission excédentaire. Roqqu a précisé à TechCabal son intention de verser les dividendes, d'exécuter les divisions d'actions et d'assurer les autres avantages liés au statut d'actionnaire.
Un exemple de circuit transfrontalier
Pour illustrer le mécanisme, prenons un investisseur kényan souhaitant s'exposer à 1 000 actions d'une banque nigériane. Un courtier nigérian agréé achèterait les titres sur le NGX, un dépositaire régulé les conserverait via le Central Securities Clearing System (CSCS), puis un émetteur créerait 1 000 jetons correspondants, à raison d'un jeton pour une action. L'investisseur achèterait ces jetons sur une plateforme approuvée, dans le respect des règles applicables au Kenya.
Des zones d'ombre encore non levées
Roqqu n'a pas dévoilé l'ensemble des dispositifs prévus pour relier la détention de jetons à des droits opposables sur les actions sous-jacentes, pour transmettre les avantages aux actionnaires ou pour gérer les rachats. L'entreprise n'a pas non plus nommé ses partenaires institutionnels ni indiqué quelles valeurs nigérianes seraient tokenisées en premier.
Ses dirigeants tablent sur une disponibilité des titres tokenisés nigérians avant 2027. Le statut réglementaire du produit comme sa date de lancement restent toutefois incertains, l'entreprise se disant en discussion avec les régulateurs, les courtiers, les dépositaires et les gestionnaires de fonds.


