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PRISM Management industrialise son agent IA de vente pour l'e-commerce

La jeune entreprise marocaine PRISM Management veut faire de l'intelligence artificielle un outil de vente à part entière, et non un simple assistant conversationnel. Son agent déployé chez Mr. Bricolage Maroc représentait 19% du chiffre d'affaires e-commerce de l'enseigne en août 2026, selon LesEco.ma.

4 min de lectureMis à jour il y a 18 h
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Dans cet article
  1. Un agent qui va jusqu'à la commande
  2. La donnée métier comme différenciateur
  3. Des résultats à confirmer hors du bricolage

Un agent qui va jusqu'à la commande

PRISM Management ne veut plus cantonner l'intelligence artificielle au rôle d'assistant conversationnel. La jeune entreprise marocaine construit et exploite des écosystèmes de vente en ligne complets, de la plateforme à la gestion des stocks, en passant par le référencement, la logistique, la publicité et l'après-vente, rapporte LesEco.ma. Son principe : réunir toute la chaîne e-commerce entre les mains d'un seul interlocuteur.

«Notre promesse tient en une phrase : tout l'e-commerce, une seule main», résume Souleiman Benjelloun.

La vitrine de cette stratégie est un agent d'intelligence artificielle dédié à la vente, déployé chez Mr. Bricolage Maroc sous le nom d'«Allo Mr. Brico». PRISM ne le conçoit pas comme un développement réalisé pour une seule enseigne : l'entreprise entend industrialiser le produit et l'adapter aux spécificités de chaque secteur. Le socle technique reste commun, l'intelligence métier évoluant selon les produits, les usages et les attentes des consommateurs.

WhatsApp comme interface commerciale

Le point de départ est plus simple que la technologie. Les clients sollicitaient déjà les enseignes sur WhatsApp, le soir ou le week-end, pour vérifier une disponibilité, chercher une alternative ou choisir un équipement. Plutôt que d'automatiser les réponses courantes, PRISM a construit un outil capable de poursuivre la conversation jusqu'à l'acte d'achat.

«Répondre “oui, en stock à Marrakech” règle une question, mais ça ne fait pas vendre», explique Souleiman Benjelloun.

L'agent raisonne donc sur le besoin exprimé plutôt que sur une référence produit. L'utilisateur décrit ce qu'il veut réaliser et reçoit des propositions adaptées : comparaison de produits, consultation de la disponibilité magasin par magasin, établissement d'un devis, constitution d'un panier, passage ou suivi de commande. Certaines modifications s'effectuent directement dans la conversation, et le système traite les notes vocales comme les photos. «Il ne raconte pas ce qu'il faudrait faire, il le fait», résume le dirigeant.

La donnée métier comme différenciateur

PRISM insiste sur un élément moins visible : la qualité de la donnée. Un modèle ne peut pas recommander correctement un produit si le catalogue est incomplet, si les stocks sont erronés ou si les règles commerciales ne lui sont pas accessibles.

«Un modèle, tout le monde peut en acheter un. Ce qui fait la différence, c'est la donnée métier», souligne Souleiman Benjelloun.

Chez Mr. Bricolage Maroc, les prix, les promotions et les stocks de plus de 30.000 références sont repris automatiquement du système de gestion commerciale. La disponibilité est distinguée pour chacun des onze magasins et pour le dépôt national. Le catalogue a été enrichi pour préciser les usages des produits, leurs caractéristiques et leurs limites. Cette matière alimente les fiches du site, la recherche, le référencement et l'agent de vente.

La recherche sémantique permet de comprendre une intention même lorsque les termes du client diffèrent de ceux du catalogue : une requête «nourriture labrador» peut faire remonter des croquettes là où une recherche par mots-clés ne trouvait rien. Le système interprète une phrase entière et intègre certains termes en darija.

Deux niveaux d'intervention

L'agent conversationnel n'est qu'une pièce d'un ensemble plus large, qui comprend l'enrichissement du catalogue, la recherche intelligente, la recommandation de produits complémentaires, la gestion logistique et les outils de pilotage pour les équipes en magasin. PRISM propose deux formules : déployer uniquement son agent chez une société disposant déjà de son infrastructure e-commerce, ou prendre en charge toute la plateforme, de sa construction à son exploitation quotidienne.

Dans les deux cas, le modèle économique repose sur un coût de mise en place suivi d'un abonnement mensuel couvrant la maintenance et les évolutions correctives. Les prix, les stocks et les statuts de commande ne sont pas laissés à l'appréciation du modèle : ils sont récupérés dans les systèmes de l'enseigne. Chaque commande passée par l'agent est identifiée et les modifications restent traçables. Lorsqu'une opération exige une intervention humaine, le client est orienté vers l'équipe concernée.

Des résultats à confirmer hors du bricolage

Sur la période où PRISM a repris et exploité la plateforme, le chiffre d'affaires e-commerce mensuel a été multiplié par trois. En août 2026, le canal passant par l'agent représentait 19% du chiffre d'affaires e-commerce et 14% des commandes, avec un panier moyen supérieur de 30% à celui du reste du canal digital.

Reste à démontrer que le modèle se reproduit dans d'autres univers, l'ambition de PRISM n'étant pas de se limiter au bricolage. La même infrastructure serait conservée, l'intelligence métier étant reconstruite selon le secteur : les besoins d'un client qui aménage une pièce ne sont pas ceux d'un acheteur de cosmétiques.

Cette montée en puissance pose la question de la place de l'humain. Sur ce point, Souleiman Benjelloun défend une ligne claire : «L'IA vend, l'équipe garde le contrôle».

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