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La Tunisie lance les crédits sur l'honneur à taux zéro via les banques

Le mécanisme de « crédits sur l'honneur » à taux zéro est entré en application en Tunisie le 1er octobre 2026, les banques recevant désormais les demandes via des plateformes numériques. Les plafonds vont de 5.000 dinars pour les particuliers à 25.000 dinars pour les PME et sociétés communautaires.

4 min de lectureMis à jour il y a 54 minutes
Crédits sur l'honneur : les banques tunisiennes commencent à recevoir les demandes

Un dispositif sans intérêts ni garanties réelles

Le nouveau mécanisme de financement reposant sur des « crédits sur l'honneur » à taux zéro est officiellement entré en application en Tunisie le jeudi 1er octobre 2026, rapporte La Presse de Tunisie. Les établissements bancaires concernés ont commencé à réceptionner les dossiers par le biais de plateformes numériques dédiées, une fois le cadre législatif et réglementaire du dispositif finalisé.

Cette formule doit faciliter l'accès au crédit bancaire pour les particuliers, les petits porteurs de projets, les petites et moyennes entreprises ainsi que les sociétés communautaires. Les financements sont consentis sans intérêts et sans garanties réelles, conformément aux conditions fixées par la réglementation.

Des plafonds différenciés selon les bénéficiaires

Les montants accordés varient selon le profil du demandeur : jusqu'à 5.000 dinars pour les particuliers, 10.000 dinars pour les petits projets et 25.000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires. Le remboursement peut s'étaler sur deux ans au maximum, avec un différé pouvant atteindre six mois.

Le dépôt des demandes se fait exclusivement en ligne, sur la plateforme mise en place par chaque banque. Le traitement suit l'ordre d'arrivée des dossiers, et les établissements disposent d'un délai maximal de dix jours ouvrables pour répondre, avec obligation de motiver un éventuel refus.

Inclusion financière : deux lectures divergentes

Pour l'expert en droit bancaire Mohamed Nakhli, ce mécanisme pourrait renforcer l'inclusion financière d'une frange de la population, en particulier les personnes qui privilégient les paiements en espèces. Il rappelle toutefois que la détention d'un compte bancaire conditionne l'accès à ces crédits, ce qui pourrait inciter à l'ouverture de nouveaux comptes.

L'expert-comptable et spécialiste du secteur bancaire Sofiane Ouerimi se montre plus réservé. Selon lui, le dispositif ne suffira pas à lui seul à faire progresser sensiblement le taux d'inclusion financière, en raison des critères de solvabilité appliqués par les banques et du nombre limité de crédits susceptibles d'être accordés.

Ses estimations chiffrent à 8% des bénéfices bancaires de 2025, soit environ 120 millions de dinars, l'enveloppe concernée par cette ligne de financement. La moitié de ce montant, environ 60 millions de dinars, irait aux particuliers et aux sociétés communautaires. Le nombre de bénéficiaires pourrait, selon lui, ne pas dépasser 12.000 clients.

Un cadre juridique bâti depuis 2024

Le dispositif s'inscrit dans un processus législatif amorcé en août 2024 avec la loi n°41 de 2024 relative aux financements sans intérêts. Il a été complété par le texte réglementaire du 23 juillet 2026, puis par la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n°8-2026 du 1er septembre 2026, qui précise les modalités d'octroi et de mise en œuvre de ces financements.

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