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Djibouti et Wingu Africa négocient un partenariat de formation numérique

Le gouvernement djiboutien discute d'un partenariat avec l'opérateur d'infrastructures numériques Wingu Africa pour former les jeunes aux métiers du numérique. Une cellule de travail conjointe doit finaliser un protocole d'accord précisant les engagements des deux parties.

4 min de lectureMis à jour il y a 3 h
Djibouti se rapproche de Wingu Africa pour former ses jeunes aux métiers du numérique
Dans cet article
  1. Une rencontre entre le ministère et une délégation de Wingu Africa
  2. Un centre d'innovation comme incubateur
  3. Des besoins chiffrés et un marché du travail sous tension

Une rencontre entre le ministère et une délégation de Wingu Africa

Le gouvernement djiboutien examine les modalités d'un partenariat avec l'opérateur d'infrastructures numériques Wingu Africa, rapporte We Are Tech. L'objectif affiché : renforcer les compétences des jeunes dans les métiers du numérique, à un moment où la maîtrise des technologies pèse de plus en plus sur l'employabilité et l'insertion professionnelle sur le continent.

Selon l'Agence djiboutienne d'information (ADI), le dossier a été discuté le lundi 28 septembre entre le ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, et une délégation de Wingu Africa. Les échanges ont aussi porté sur le renforcement des infrastructures numériques du pays. Les deux parties envisagent de constituer une cellule de travail conjointe pour finaliser un protocole d'accord, qui fixera les engagements de chacun et le cadre de la collaboration.

Un centre d'innovation comme incubateur

Sur le volet opérationnel, Wingu Africa propose de mettre son nouveau centre d'innovation à disposition du ministère. Ce site pourrait accueillir des formations intensives et qualifiantes destinées aux jeunes diplômés djiboutiens dans les technologies de l'information et de la communication (TIC), dans un format d'incubation. Les domaines de formation retenus n'ont pas encore été précisés.

Le programme E-SKILLS en parallèle

Ces discussions s'ajoutent au projet E-SKILLS, lancé en novembre 2025 par les autorités djiboutiennes pour renforcer les compétences numériques des jeunes, des femmes et des professionnels. Le programme bénéficie d'un financement de 7 millions d'euros de l'Union européenne et doit être mis en œuvre par Expertise France sur quatre ans.

E-SKILLS prévoit notamment la création du Campus 42 Djibouti, dont la formation aux métiers du numérique repose sur l'apprentissage par projet, sans condition de diplôme. Il comprend aussi l'ouverture de Maisons du Numérique dans les régions de l'intérieur, afin de rapprocher formations et services numériques des populations éloignées, avec un accompagnement à l'entrepreneuriat. Les projections officielles tablent sur plus de 3 000 jeunes et femmes formés d'ici 2029.

Des besoins chiffrés et un marché du travail sous tension

Le renforcement des compétences numériques figure parmi les priorités de la Vision Djibouti 2035, de la feuille de route « Smart Nation » et du Plan national de développement 2025-2030, qui visent à faire du pays un hub régional en la matière.

Le contexte est documenté. Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde exigeront une compétence numérique d'ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d'emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.

En 2024, le chômage des Djiboutiens de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale. La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, d'après le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).

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