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Clea, la plateforme de paiements transfrontaliers née du commerce de voitures

Fondée par Sheriff Adedokun, la fintech nigériane Clea permet aux importateurs africains de régler leurs fournisseurs étrangers depuis une plateforme unique, avec des devises comme le dollar, la livre, l'euro ou le yuan. Depuis son lancement public en décembre 2025, elle affirme avoir traité plus de 50 M$ de paiements.

4 min de lectureMis à jour il y a 23 minutes
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Dans cet article
  1. Une fintech née des difficultés des importateurs de véhicules
  2. Un guichet unique pour régler ses fournisseurs
  3. Un modèle fondé sur les transactions
  4. La priorité reste le Nigeria

Une fintech née des difficultés des importateurs de véhicules

En 2022, Sheriff Adedokun importe des voitures depuis les États-Unis. Les plateformes de paiement nigérianes qu'il essaie rejettent la plupart de ses transferts, et les banques imposent des formulaires ainsi que des plafonds sur les envois internationaux. « J'ai essayé d'utiliser certaines des plateformes fintech au Nigeria, mais cela n'a pas fonctionné parce que la plupart de mes paiements étaient rejetés », raconte-t-il à TechCabal.

Les maisons de vente aux enchères américaines exigent en effet que le règlement vienne directement de l'acheteur, les transferts de tiers pouvant être refusés, selon TechCabal. Ce parcours l'a conduit à créer Autoclear, un service d'achat de véhicules et de paiement aux plateformes d'enchères, puis à fonder Clea avec son ami de longue date Sidney Egwuatu. Le produit a été développé en mode furtif avant un lancement public en décembre 2025.

Un guichet unique pour régler ses fournisseurs

Après inscription et vérification, une entreprise approvisionne son compte en nairas depuis une banque nigériane, convertit les fonds dans la devise voulue et enregistre son fournisseur étranger comme bénéficiaire. La plateforme prend en charge le dollar américain, la livre sterling, l'euro et le yuan chinois. Pour les destinations américaines, les paiements peuvent passer par ACH, Fedwire ou le réseau RTP ; ailleurs, SWIFT reste une option.

Les stablecoins, dont l'USDT et l'USDC, font partie de l'infrastructure utilisée pour déplacer la valeur entre les étapes du processus. Les clients peuvent aussi alimenter directement leur portefeuille en dollars avec ces jetons via des réseaux blockchain compatibles. « Les stablecoins font aussi partie de notre infrastructure de règlement », explique le fondateur, en soulignant que les utilisateurs n'ont pas besoin de manipuler eux-mêmes des cryptomonnaies.

Vendor Payments, pour les fournisseurs récurrents

En août, Clea a ajouté une fonction destinée aux entreprises qui paient régulièrement les mêmes fournisseurs étrangers. L'utilisateur sélectionne un vendeur dans une liste préconfigurée, puis saisit la référence exigée par ce fournisseur, comme un numéro d'acheteur ou de lot, avant de valider. Ce service couvre les paiements en dollars vers certains fournisseurs américains, dont les plateformes d'enchères automobiles Copart et IAA.

« Si des milliers d'importateurs paient les mêmes transporteurs, sociétés d'enchères et fournisseurs, il n'est pas logique que chaque importateur établisse cette relation indépendamment à chaque fois », estime Sheriff Adedokun. La plateforme sert notamment des grossistes, des industriels, des distributeurs d'électronique, des entreprises de mode et des importateurs de machines.

Un modèle fondé sur les transactions

Clea tire ses revenus des frais de transaction et de la marge entre le taux de change auquel elle obtient les devises et celui qu'elle propose à ses clients. « Nous devons être très disciplinés sur les prix parce que nos clients connaissent extrêmement bien le change », affirme le dirigeant. La société dit avoir dépassé 50 M$ de paiements traités depuis son lancement.

La fintech évolue face à des acteurs comme Verto, Raenest et Grey, qui proposent des comptes multidevises et des paiements internationaux. Clea revendique une approche plus ciblée, centrée sur le flux de travail des importateurs. « Nous ne considérons pas Clea comme un autre produit générique de transfert d'argent international. Nous construisons spécifiquement autour du flux de travail d'un importateur », insiste son fondateur.

La priorité reste le Nigeria

Interrogé sur une expansion régionale, Sheriff Adedokun indique que la croissance au Nigeria prime. Les chantiers immédiats portent sur l'élargissement du réseau de fournisseurs, le renforcement de l'infrastructure de paiement, l'amélioration de l'efficacité des transactions et la réduction des coûts sous-jacents. « Il y a une tentation, pour une fintech africaine, d'annoncer dix pays très rapidement, mais il reste encore une immense part de marché à conquérir au Nigeria », conclut-il.

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