AUATON maintient la grève contre Bolt et inDrive à Lagos
L'Amalgamated Union of App-based Transporters of Nigeria a lancé une grève illimitée contre Bolt et inDrive à Lagos, réclamant une révision des tarifs et un plafonnement des commissions à 10 %. Une vidéo virale d'un chauffeur dénonçant des courses non rentables a relancé le débat sur le partage de la valeur entre plateformes et conducteurs.

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Une vidéo virale relance la colère des chauffeurs
Une séquence montrant des chauffeurs en colère contre inDrive et Bolt circule sur X depuis lundi 12 octobre, jour du début d'une grève illimitée des conducteurs de VTC, rapporte Technext. Au moment de la publication de l'article, la vidéo partagée par Nigeria Stories dépassait les 62 000 vues.
On y entend des conducteurs scander « inDrive must go » et « enough is enough ». La caméra s'attarde principalement sur un homme, dont l'identité n'est pas précisée, qui se présente comme chauffeur et père de quatre enfants.
Un calcul de rentabilité contesté
L'homme affirme avoir travaillé de la nuit précédente jusqu'au lundi pour un revenu de 60 000 nairas, contre 80 000 nairas dépensés en carburant. « Rien à ramener à la maison », déplore-t-il.
Il attribue la responsabilité aux tarifs pratiqués par les applications, et non aux conducteurs. « Ce n'est pas nous qui avons augmenté le prix du carburant, c'est le gouvernement », dit-il. Il dénonce également un tarif de 200 nairas par kilomètre facturé par les plateformes, affirmant que les chauffeurs ne sont pas des esclaves, et invite ceux qui ne peuvent pas payer Uber à « monter dans un Danfo ».
Technext indique avoir vérifié l'authenticité et la récence de la vidéo par une recherche d'image inversée sur TinEye, sans pouvoir confirmer l'identité de l'homme, ses revenus ou le tarif cité, ni son éventuelle appartenance au syndicat à l'origine du mouvement.
Des réactions divisées sur les réseaux
Au moment de la rédaction, la publication comptait 940 mentions J'aime, 212 repartages et 111 réponses, avec des positions nettement tranchées. Certains internautes soutiennent les chauffeurs : Obi of Abuja estime qu'ils « souffrent vraiment » et que les tarifs devraient refléter la réalité actuelle, tandis que Femi Demo propose une tarification au compteur, facturée au kilomètre et à la minute dans les embouteillages, pour éviter que les conducteurs perdent de l'argent dans la congestion de Lagos. Sani-Dauran suggère aux applications de ramener leurs commissions de 25 % à 10 %.
D'autres pointent la responsabilité du gouvernement. Skymike Crypto écrit « Hold ur government accountable », jugeant que la colère vise la mauvaise cible, et Temidayo rappelle que personne n'a protesté lors de la suppression des subventions, estimant que les chauffeurs ne peuvent pas attendre des applications qu'elles en portent la charge.
Un troisième groupe s'interroge sur la situation des passagers. @Maryeyo demande si les usagers ne sont pas « dans la même économie » que le chauffeur. The Old Protege souligne qu'une hausse trop forte des tarifs risque de faire fuir des clients déjà éprouvés par le coût de la vie, tandis qu'un niveau trop bas laisse les conducteurs sans moyens pour le carburant et l'entretien. Plusieurs réponses se concentrent aussi sur le nombre d'enfants déclaré par l'homme, Paul War qualifiant la vidéo de « campagne bien scénarisée et organisée » — une affirmation pour laquelle Technext indique n'avoir trouvé aucun élément probant.
Le mouvement syndical derrière la mobilisation
L'Amalgamated Union of App-based Transporters of Nigeria (AUATON) a lancé lundi l'arrêt de Bolt et inDrive à Lagos. Les usagers signalent moins de véhicules disponibles, des attentes de 16 à 20 minutes et des tarifs plus élevés.
Le syndicat réclame une révision des tarifs et un plafonnement des commissions à 10 %, sous réserve de négociation. Il demande aussi que toute modification des tarifs ou des commissions soit précédée d'une concertation avec les chauffeurs.
Bolt privilégie le dialogue, le syndicat campe sur ses positions
Bolt appelle à la discussion avec le syndicat. Son responsable de la réglementation et des politiques en Afrique, Weyinmi Aghadiuno, indique que l'entreprise se concentre « sur l'écoute, la compréhension des problèmes et l'identification de moyens concrets d'améliorer l'expérience des chauffeurs ».
Le président de l'antenne de Lagos du syndicat, Jaiyesimi Azeez, ne montre guère d'intention de reculer. « Les entreprises d'applications ne détermineront plus le prix de notre service. Ce sont des intermédiaires », déclare-t-il.


