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Terra Industries lève 22 M$ et élargit le capital étranger au-delà de la fintech

La startup nigériane de défense Terra Industries a levé 22 M$ supplémentaires en extension de seed, portant son total à 34 M$, selon Technext. Cette opération illustre la diversification des investisseurs étrangers au Nigeria, longtemps concentrés sur la fintech comme Flutterwave.

4 min de lectureMis à jour 17 oct. 2026
GB Agboola, fondateur et directeur général de Flutterwave
Dans cet article
  1. Terra Industries porte son financement total à 34 M$
  2. Flutterwave et Paystack, deux modèles d'entrée du capital étranger
  3. Le financement en actions recule au Nigeria
  4. Un tour de table mêlant capitaux africains et internationaux

Terra Industries porte son financement total à 34 M$

Terra Industries a obtenu 22 M$ de capitaux supplémentaires en février 2026, à l'occasion d'une extension de son tour d'amorçage menée par Lux Capital, selon Technext. La startup nigériane de défense-technologie atteint ainsi 34 M$ levés depuis sa création.

Fondée en 2024 par Nathan Nwachuku et Maxwell Maduka, l'entreprise conçoit des drones et des systèmes de sécurité autonomes destinés à la protection des infrastructures critiques. La participation de 8VC, société d'investissement créée par Joe Lonsdale, cofondateur de Palantir, figure également dans ce tour. Alex Moore, associé défense chez 8VC, avait rejoint le conseil d'administration de Terra un an plus tôt.

Cette opération illustre un mouvement plus large : les capitaux étrangers qui finançaient surtout la fintech nigériane s'intéressent désormais à d'autres secteurs, dont la défense et la sécurité.

Flutterwave et Paystack, deux modèles d'entrée du capital étranger

Le cas de Flutterwave reste emblématique de l'ampleur qu'a pu prendre le financement international. En février 2022, la fintech a réuni 250 M$ en série D sous la conduite de B Capital Group, avec Alta Park Capital, Whale Rock Capital et Lux Capital. Sa valorisation avait alors dépassé 3 Md$.

Paystack a suivi une autre voie : Stripe l'a financée lors de sa série A en 2018, avant de l'acquérir en octobre 2020. La startup nigériane est ainsi devenue la propriété d'un groupe de paiements mondial. Ces deux trajectoires montrent que l'investissement étranger ne se confond pas nécessairement avec la prise de contrôle.

Le financement en actions recule au Nigeria

D'après le rapport 2025 de Partech sur le capital-risque tech en Afrique, les startups nigérianes ont attiré 412 M$ sur 83 opérations en 2025. Ce total recule de 21 % en valeur et de 19 % en nombre de transactions par rapport à 2024, alors que le pays reste l'un des plus actifs du continent en nombre de deals.

Olugbenga « GB » Agboola, directeur général de Flutterwave, a souligné en 2025 auprès d'African Business la part importante des investisseurs étrangers dans le financement de sa société. Il plaide pour un capital africain plus abondant : « It's very important. Because you have to be on the ground to understand the nuances of the African market. »

Les données de l'African Private Capital Association indiquent toutefois que la part des engagements des investisseurs africains dans les fonds de capital-risque est passée à 45 % en 2025, contre une moyenne de 23 % entre 2022 et 2024. Ces engagements ne se traduisent pas automatiquement par des montants investis dans les startups nigérianes, et ils portent sur l'ensemble du continent.

Un tour de table mêlant capitaux africains et internationaux

Le financement de Terra associe 8VC et Lux Capital à Resilience17, véhicule dirigé par Agboola. Cette configuration montre qu'un même tour peut réunir des investisseurs africains et étrangers aux priorités distinctes.

La présence d'un investisseur au conseil d'administration ne signifie pas pour autant qu'il contrôle l'entreprise, et une annonce de levée ne dévoile ni les termes exacts de l'accord ni le poids réel de chaque partie. La question reste ouverte pour le Nigeria : disposer d'un socle d'investisseurs locaux capables d'accompagner des secteurs comme la fintech ou la défense-technologie, sans que les décisions stratégiques dépendent uniquement des marchés de capitaux internationaux.

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