Levées de fonds MENA : le Maroc ne capte que 2,1 M$ au T3
Les startups de la région MENA ont levé 1,65 milliard de dollars au troisième trimestre 2026, selon Wamda. Le Maroc n'a enregistré que deux opérations pour environ 2,1 millions de dollars, loin derrière l'Arabie Saoudite et les Émirats.

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Les startups de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord ont mobilisé 1,65 milliard de dollars au troisième trimestre 2026, à travers 145 opérations, selon LesEco.ma. Ce montant marque une progression de 108 % en valeur et de 39 % en nombre de transactions par rapport au trimestre précédent, d'après les données de la plateforme Wamda. Le Maroc, lui, n'a comptabilisé que deux opérations sur la période, pour un total d'environ 2,1 millions de dollars.
ORA Technologies, principale opération marocaine
La transaction la plus significative recensée au Maroc concerne ORA Technologies. Cette startup développe une super-application qui combine notamment des services de paiement et de livraison de repas. En juillet, elle a annoncé une extension de 2 millions de dollars de son tour de série A, portant le total de cette levée à 10 millions de dollars.
Cette enveloppe supplémentaire doit financer la poursuite du développement de l'offre et le renforcement des capacités opérationnelles de l'entreprise. Le défi consiste à convertir ces financements en croissance durable, alors que les modèles de super-applications exigent des investissements continus en technologie, en acquisition de clients et en infrastructure.
La seconde opération marocaine identifiée correspond à un financement de 100 000 dollars en septembre, sans que le nom de la startup concernée soit dévoilé. Le bilan trimestriel du Royaume demeure donc limité, tant en nombre d'opérations qu'en montants mobilisés. Ce constat ne signifie pas que l'activité entrepreneuriale est absente, mais il illustre la difficulté à faire émerger des levées d'ampleur sur ce marché régional.
L'Arabie Saoudite concentre l'essentiel des capitaux
À l'opposé du classement, l'Arabie Saoudite s'affirme comme le premier marché de la région, avec près d'un milliard de dollars levés via 62 opérations. Cette performance repose sur plusieurs transactions majeures dans les services financiers numériques : les fintechs du pays ont à elles seules attiré 815,8 millions de dollars, répartis sur 16 opérations.
Les Émirats Arabes Unis se classent deuxièmes, avec 507 millions de dollars levés à travers 41 opérations. Ce marché reste particulièrement attractif pour les entreprises parvenues à un stade de maturation avancé. L'Égypte complète le podium régional, mais avec des montants bien inférieurs : ses startups ont levé 56,4 millions de dollars sur 15 transactions, en baisse de 22 % par rapport au trimestre précédent.
La fintech, moteur principal du marché
La répartition sectorielle confirme la domination des services financiers numériques. La fintech a capté 1,03 milliard de dollars au troisième trimestre, sur 35 opérations, soit environ 62 % de l'ensemble des financements recensés dans la région. La mobilité suit avec 285 millions de dollars, mais concentrés sur seulement deux opérations. Le commerce électronique arrive ensuite, avec 105,6 millions de dollars sur neuf transactions.
Ces données montrent que la hausse des financements ne traduit pas une progression uniforme de l'investissement. Elle s'explique largement par quelques opérations de grande taille, portées par des entreprises capables de mobiliser des montants importants auprès d'investisseurs institutionnels. La structure des financements livre un autre enseignement : les opérations hors dette ont atteint 1,21 milliard de dollars, contre 441 millions de dollars de financements par dette sur dix transactions. La dette ne représente donc plus que 26,8 % des capitaux mobilisés au troisième trimestre, contre près de 59 % en 2025.
Un rebond qui ne profite pas à tous
La concentration des capitaux se retrouve aussi dans la répartition par stade de développement. Les startups en phase précoce ont réalisé 94 opérations, pour un total de 505,4 millions de dollars. Les entreprises plus matures ont mobilisé 606 millions de dollars à travers seulement sept transactions. L'écart entre le nombre d'opérations et les montants levés illustre la capacité des entreprises établies à absorber une part disproportionnée des financements disponibles.
L'accès aux capitaux reste également très inégal selon le genre des fondateurs. Les startups dirigées par des hommes ont capté 1,62 milliard de dollars, soit 98,3 % des montants investis. Les entreprises fondées par des équipes mixtes ont levé 15,9 millions de dollars, tandis que celles fondées par des femmes n'ont mobilisé que 12,7 millions de dollars à travers 16 opérations.
Une performance en retrait sur un an
Au total, le financement des startups de la région MENA a atteint environ 3,4 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2026. Le troisième trimestre marque donc une nette amélioration après un premier semestre difficile. Mais cette progression reste très éloignée des 4,5 milliards de dollars enregistrés au troisième trimestre 2025.
Pour le quatrième trimestre, les performances des startups en matière de levées de fonds indiqueront si le regain d'appétit observé à l'échelle régionale s'étend à des marchés moins bien financés. Pour le Maroc, l'enjeu sera de suivre la capacité des entreprises locales à franchir les différentes étapes de leur développement et à attirer des investisseurs capables d'accompagner leur croissance. Accéder à des tours de table plus conséquents leur permettrait de soutenir une croissance durable.

