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Le Nigeria a consommé 11,94 millions de téraoctets en huit mois

Les Nigérians ont consommé 11,94 millions de téraoctets de données internet entre janvier et août 2026, soit environ 90 % du volume de toute l'année 2025, selon la NCC. Cette intensification de l'usage pèse sur les opérateurs télécoms, contraints d'élargir leurs capacités réseau.

4 min de lectureMis à jour il y a 8 minutes
Un groupe de jeunes internautes nigérians
Crédit image : Bloomberg via Getty Images.
Dans cet article
  1. Une consommation qui atteint déjà 90 % du volume de 2025
  2. Nouvelles connexions et usages plus lourds
  3. La montée du 4G et du 5G accompagne cette dynamique
  4. Abonnements télécoms et trafic : deux indicateurs distincts
  5. Un appel à investir dans les infrastructures

Une consommation qui atteint déjà 90 % du volume de 2025

Sur les huit premiers mois de 2026, les Nigérians ont consommé 11,94 millions de téraoctets de données internet, selon TechCabal, qui cite les dernières statistiques sectorielles de la Nigerian Communications Commission (NCC). Ce volume équivaut à environ 90 % de celui enregistré sur l'ensemble de l'année 2025. Rien qu'au mois d'août, la consommation a atteint 1,76 million de téraoctets.

Cette progression traduit un usage plus intensif des services en ligne. Elle accroît la pression sur les opérateurs télécoms nigérians, qui doivent absorber un trafic croissant tout en préservant la qualité de service.

Nouvelles connexions et usages plus lourds

Une partie de la hausse provient de l'arrivée de nouveaux abonnés. Selon Osita Odafi, expert du secteur des télécoms, les chiffres de la NCC montrent environ 800 000 nouveaux abonnements internet sur le seul mois d'août, ce qui élargit le vivier de connexions générant du trafic.

L'expert estime toutefois que ces souscriptions n'expliquent pas tout : les utilisateurs déjà connectés consomment davantage de services gourmands en données, notamment les plateformes vidéo comme YouTube, TikTok, Instagram Reels et Netflix. La diffusion en haute définition et la lecture automatique amplifient encore cette consommation.

« La question centrale n'est plus seulement de savoir combien de Nigérians se connectent à internet, mais à quelle intensité ils l'utilisent », a déclaré Odafi à TechCabal. Il cite également la banque en ligne, les paiements numériques, les services cloud, les outils de travail à distance, l'enseignement en ligne et les applications d'intelligence artificielle parmi les moteurs de la demande. Cette analyse identifie des facteurs possibles, sans ventiler précisément le trafic généré par chaque activité.

La montée du 4G et du 5G accompagne cette dynamique

L'adoption croissante de la 4G et de la 5G soutient aussi les usages les plus consommateurs de données. La part du 4G dans les abonnements mobiles est passée de 54,31 % en juillet à 54,77 % en août, tandis que celle de la 5G a progressé de 4,74 % à 4,92 %. Les deux technologies représentaient ensemble environ 60 % des abonnements mobiles.

Des connexions plus rapides facilitent le streaming, les applications cloud et d'autres services exigeants. Leur part grandissante dans les abonnements ne permet pas, à elle seule, d'établir quelle portion de la hausse de consommation leur revient.

La consommation mensuelle a été la plus faible en février, à 1,26 million de téraoctets, avant de remonter à 1,4 million en mars et de franchir les 1,5 million en juin. En août, elle a atteint 1,76 million de téraoctets.

Abonnements télécoms et trafic : deux indicateurs distincts

Le Nigeria comptait 197,42 millions d'abonnements télécoms en août, soit une hausse d'environ 2,31 millions, ou 1,18 %, par rapport à juillet. La consommation de données a donc progressé plus vite que le nombre total d'abonnements télécoms sur le mois.

Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. Les abonnements télécoms incluent les connexions utilisées pour la voix et d'autres services, alors que la consommation de données mesure le volume de trafic internet. Ces chiffres comptabilisent des connexions, et non des individus uniques. La comparaison la plus pertinente porte donc sur les abonnements internet, avec les quelque 800 000 connexions supplémentaires enregistrées en août. Même dans ce cas, déterminer la consommation par connexion exigerait de comparer de façon cohérente les totaux d'abonnements internet et le trafic dans le temps.

En août, MTN totalisait 84,56 millions d'abonnements internet, devant Airtel avec 56,94 millions et Globacom avec 15,76 millions. MTN et Airtel concentraient l'essentiel des abonnements parmi ces trois réseaux.

Un appel à investir dans les infrastructures

Pour les opérateurs, la croissance continue de la consommation signifie davantage de trafic à absorber, qu'il provienne de nouvelles connexions ou d'un usage plus intensif des connexions existantes.

« Un investissement continu dans l'infrastructure fibre, la capacité réseau et le spectre sera indispensable pour accompagner cette croissance tout en maintenant la qualité de service », a affirmé Odafi. Il identifie aussi l'accès gratuit à des plateformes éducatives, initiative lancée par la NCC le 1er octobre, comme une source potentielle de demande supplémentaire. Dans ce cadre, les utilisateurs éligibles peuvent recevoir jusqu'à 100 mégaoctets de données gratuites par jour pour accéder à des plateformes éducatives désignées.

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