InnovInvest : la Banque mondiale salue l'essor du capital-risque marocain
Le dispositif public InnovInvest, lancé en 2016 et mis en œuvre par Tamwilcom, a permis de mobiliser plus de 70 millions de dollars de capitaux privés pour les start-ups marocaines. Le Groupe de la Banque mondiale met en avant l'efficacité de ce modèle, qui a aussi essaimé dans huit autres projets.

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Un dispositif public pour mobiliser le capital privé
Le financement des start-ups marocaines s'est profondément transformé en dix ans, selon Infomédiaire, qui relaie l'analyse du Groupe de la Banque mondiale sur le rôle des interventions publiques dans la mobilisation des capitaux privés. Il y a une décennie, les entreprises en phase de démarrage ne recevaient que 6 % des investissements en fonds propres.
Lancé en 2016 par le ministère de l'Économie et des Finances, le dispositif InnovInvest a bénéficié d'un financement de 50 millions de dollars de la Banque mondiale. Sa mise en œuvre a été confiée à Tamwilcom.
Co-investissement et gestion professionnelle
Le programme repose sur un principe : l'État co-investit dans des fonds de capital-risque aux côtés d'investisseurs privés, tandis que les décisions d'investissement restent entre les mains de gestionnaires professionnels.
Cette approche a donné naissance à 4 fonds de capital-risque et permis de lever plus de 70 millions de dollars de capitaux privés, soit 2,4 fois l'objectif fixé au départ. L'un de ces fonds est devenu le premier véhicule juridiquement domicilié au Maroc à attirer des institutions internationales de financement du développement, notamment l'IFC et Proparco, aux côtés d'investisseurs privés locaux.
Incubateurs et entrepreneurs accompagnés
InnovInvest a par ailleurs labellisé 16 incubateurs et accélérateurs, ce qui a contribué à structurer l'accompagnement des jeunes entreprises.
Sur le plan économique et social, près de 1.000 entrepreneurs ont bénéficié de subventions d'amorçage, de prêts bonifiés ou d'un accompagnement personnalisé. Le dispositif a soutenu la création de plus de 4.000 emplois directs.
Les entreprises dirigées par des femmes ont capté 27 % des financements, un niveau supérieur à l'objectif initial du projet.
Des réformes structurelles en appui
Cette réussite tient à l'association du financement à des réformes structurelles, portant notamment sur l'accès aux devises, le droit des sociétés et la protection des investisseurs minoritaires.
Le modèle marocain a été repris dans 8 autres projets au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan et au Pakistan, pour un montant global supérieur à 500 millions de dollars.


