Xara, l'assistant IA de Sulaiman Adewale qui gère la finance sur WhatsApp
La fintech nigériane Xara permet de transférer de l'argent, payer des factures ou analyser ses dépenses depuis WhatsApp, via une interface conversationnelle. Selon Technext, la startup revendique plus de 22,6 milliards de nairas de transactions traitées et prépare son expansion vers de nouveaux marchés.

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Un assistant financier qui s'appuie sur WhatsApp
La plupart des applications bancaires imposent à leurs utilisateurs de parcourir des menus complexes et d'apprendre à maîtriser des fonctionnalités multiples. Xara prend le contre-pied de cette logique : la fintech nigériane permet à ses clients d'échanger avec un assistant dopé à l'intelligence artificielle directement depuis WhatsApp, selon Technext.
Concrètement, l'utilisateur peut envoyer un message écrit, un message vocal ou une image pour effectuer un virement, régler une facture ou consulter ses dépenses. L'assistant interprète la demande et exécute l'opération, sans que l'utilisateur ait à chercher dans des menus.
La confiance, principal obstacle technique
Sulaiman Adewale, fondateur de Xara, explique que la fiabilité du système a constitué le principal défi de développement. L'équipe a dû reconstruire le produit à plus de trois reprises pour renforcer cette fiabilité.
La difficulté tient à la manière dont les gens s'expriment. Un utilisateur peut se contenter du mot « carte », qui désigne aussi bien une carte de recharge téléphonique qu'une carte cadeau. Un autre ne fournira qu'une partie des informations nécessaires et attendra que l'assistant complète les données manquantes. Dans le cadre d'opérations financières, une mauvaise interprétation peut avoir des conséquences lourdes.
Adewale souligne que les développeurs conçoivent souvent des systèmes qui fonctionnent bien lors des tests, parce qu'ils connaissent le contexte. Les utilisateurs ordinaires, eux, arrivent avec des habitudes et des formulations différentes. Pour Xara, résoudre ces problèmes de communication ne se limite pas à affiner des instructions : l'équipe investit dans l'ajustement de son système, l'écriture de code logiciel classique et l'étude de la façon dont les Nigérians communiquent.
Cette connaissance est d'autant plus importante que les utilisateurs alternent entre l'anglais et le pidgin, privilégient les notes vocales à la saisie, ou font des références imprécises sans explication. L'objectif de Xara est de comprendre ces demandes avec exactitude, pour garantir l'intégrité et la sécurité attendues d'un service financier.
22,6 milliards de nairas traités et 50 000 utilisateurs
La startup a rapidement attiré l'attention. Son site indique que la plateforme a traité plus de 22,6 milliards de nairas de transactions, après un palier de 10 milliards de nairas annoncé en juin 2026. À cette date, Xara revendiquait également 50 000 utilisateurs actifs, atteints dès sa première année d'activité.
La plateforme couvre les transferts d'argent, le paiement de factures, l'achat de crédit téléphonique et de données, ainsi que l'analyse des habitudes de dépenses. Elle accepte les notes vocales et les images, et comprend plusieurs langues, dont l'anglais, le pidgin, le haoussa, l'igbo et le yoruba.
« Les gens ne devraient pas avoir à apprendre une interface compliquée pour accéder aux services financiers », résume Adewale. Cette simplicité permet d'utiliser une application déjà familière, sans télécharger un nouvel outil ni naviguer dans des menus confus.
Xara Business et la piste des revenus
Les ambitions de Xara dépassent la finance personnelle. Adewale estime que la version publique actuelle ne représente que « 10 % » de la vision de l'équipe. Un volet central de cette vision est Xara Business, un outil destiné aux commerçants pour gérer les paiements, émettre des factures et suivre les ventes via WhatsApp. Les entreprises qui testent cette fonctionnalité traiteraient environ 6 millions de nairas de transactions par jour.
Pour financer sa croissance, la fintech prévoit plusieurs sources de revenus : services aux commerçants, abonnements premium et commissions sur le paiement de factures. La société développe aussi une option de paiement « Pay with Xara » pour les marchands en ligne. Adewale se dit par ailleurs impatient d'étendre l'activité à de nouveaux marchés, notamment les Émirats arabes unis, la Zambie et le Ghana.
La dépendance à WhatsApp et la protection des données
S'appuyer sur WhatsApp comporte des avantages et des limites. La messagerie appartenant à Meta, la fintech ne contrôle pas entièrement la plateforme qui porte ses interactions clients. Adewale affirme néanmoins vouloir continuer à l'utiliser pour l'instant.
« Nous avons l'intention de rester sur WhatsApp tant que cela sert bien nos clients », déclare-t-il, tout en indiquant que l'équipe développe une autre solution.
La confidentialité reste une priorité pour des conversations à caractère financier. Adewale précise que l'IA supprime le contexte général des échanges au bout de deux heures, mais conserve les informations essentielles comme les bénéficiaires et les contacts, afin de faciliter les transactions répétées.
« Nous voulons rendre la gestion des finances aussi simple qu'une discussion avec un ami », dit-il. Il ajoute que lorsqu'un utilisateur signale un problème, les détails de la conversation concernée sont transmis à l'équipe de support.
À terme, Adewale imagine Xara dépasser le seul rôle d'assistant financier. Il souhaite que des services variés, comme des sociétés de livraison et des commerçants, puissent s'y intégrer, permettant aux utilisateurs de payer directement depuis leur portefeuille Xara.
« Je vois Xara comme une “mère pour d'autres assistants”, où les utilisateurs accèdent à un univers de services depuis un hub central », explique-t-il. Le défi immédiat reste de rendre l'IA fiable pour les transactions du quotidien, alors que le volume d'opérations croissant suggère que le public est prêt à gérer son argent par la conversation.

