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UEMOA : la BCEAO rend gratuits les transferts mobile money jusqu'à 8 000 FCFA

La BCEAO rend gratuits les transferts de monnaie électronique jusqu'à 8 000 FCFA par jour dans les huit pays de l'UEMOA à compter du 2 novembre 2026, et relève les plafonds de solde et de rechargement. Une mesure qui touche des millions d'utilisateurs dans une zone où la bancarisation classique reste faible.

4 min de lectureMis à jour il y a 1 h
Photo d'illustration : iamdavidrotimi (Iwaria)
Dans cet article
  1. Une gratuité plafonnée à 8 000 FCFA par jour
  2. Des plafonds de détention et de rechargement relevés
  3. Interopérabilité obligatoire via PI-SPI
  4. Une adoption qui a explosé en dix ans

Une gratuité plafonnée à 8 000 FCFA par jour

À partir du 2 novembre 2026, les envois nationaux de monnaie électronique transitant par la plateforme de paiement instantané de la BCEAO ne seront plus facturés, dans la limite de 8 000 FCFA cumulés par jour, par utilisateur et par établissement, rapporte La Nouvelle Tribune. Le nombre d'opérations n'est pas contingenté. D'après l'institution, ce seuil absorbe 75 % des transactions de monnaie électronique réalisées dans l'Union.

Passé ce montant, des frais compris entre 0 et 0,8 % hors taxes peuvent être prélevés. Au taux maximal, un transfert de 50 000 FCFA serait facturé 400 FCFA. La réception des fonds demeure gratuite, indépendamment du montant et du nombre d'opérations.

Des plafonds de détention et de rechargement relevés

L'Instruction n° 020, adoptée le 8 octobre, porte à 4 millions FCFA le solde maximal qu'un client identifié peut détenir auprès d'un même émetteur, tous instruments confondus, contre 2 millions FCFA auparavant. Le cumul mensuel des rechargements passe de 10 à 15 millions FCFA, apprécié sur le mois et non sur une opération isolée.

Un dépassement reste envisageable, sous réserve d'une autorisation préalable de la BCEAO, qui peut l'assortir de conditions ou en borner la durée. Les distributeurs et accepteurs exerçant à titre professionnel échappent à ces plafonds.

Encadrement des fonds clients

Les émetteurs devront loger les fonds de leurs clients dans des comptes bancaires, des institutions de microfinance ou des titres d'État et d'entreprises cotées. Au minimum 65 % des fonds en circulation doivent rester placés sur des comptes bancaires immédiatement mobilisables.

Interopérabilité obligatoire via PI-SPI

Dès le 2 novembre, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l'Union devront passer par la plateforme PI-SPI. Lancée le 30 septembre 2025, celle-ci ouvre les paiements instantanés à plus de 38 millions de personnes, selon la BCEAO.

Les conditions appliquées entre les pays de l'Union seront alignées sur celles du marché national. Leur entrée en vigueur pour les transferts entre les huit États est programmée au 1er juin 2027. La gratuité ne concernera que les envois entre personnes physiques : les retraits d'espèces, les paiements chez les commerçants et le règlement de factures restent exclus du dispositif.

Une adoption qui a explosé en dix ans

Le mobile money s'est imposé dans une région où l'accès au système bancaire classique est resté limité. La BCEAO recense 36,5 millions de comptes de monnaie électronique dans l'Union en 2016, contre 248,7 millions en 2024, dont 76,8 millions actifs, soit un peu moins d'un tiers. Le taux d'inclusion financière, qui intègre ces comptes, est passé de 47 % à 72,3 % entre 2016 et 2023. Le taux de bancarisation strict, restreint aux comptes bancaires, postaux et du Trésor, ne dépassait pas 16,1 % fin 2015.

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